Le diabète n’implique pas d’interdits alimentaires. Les interdits encore trop souvent en vigueur correspondent au raisonnement simpliste « être diabétique, c’est avoir trop de sucre, donc il faut en manger le moins possible »
En réalité le «trop de sucre» est la conséquence d’une mauvaise utilisation de celui-ci par les muscles du fait de la défaillance au niveau de l’insuline (arrêt de la sécrétion dans le diabète type 1 et « mauvaise qualité » dans le diabète type 2); or l’insuline est l’hormone indispensable à l’utilisation du sucre.
Tous ces aliments appartiennent à la famille des GLUCIDES.
Les formes d’apports les plus intéressantes pour le corps sont les formes complexes et les fruits , du fait de la teneur variée de tous ces aliments en vitamines , sels minéraux et oligo-éléments: ils doivent occuper la place principale des apports journaliers; les sucres simples de faible intérêt nutritionnel doivent être apportés en quantité plus modéré: ceci est valable pour tous, diabétiques et non diabétiques et les besoins de chacun sont fonction de l’âge et de l’activité physique principalement. L’enjeu dans le cas du diabète est d’arriver à ce que les glucides consommés soit utilisés régulièrement par le corps : ceci est possible grâce à l’insuline injectée dans le cas du diabète de type 1. Dans le cas du diabète de type 2 une alimentation contrôlée en graisses favorise une meilleure sensibilité du corps à l’action de l’insuline, avec si besoin l’aide de comprimés favorisant l’action de l’insuline, de comprimés stimulant la sécrétion d’insuline par le pancréas ou plus tard de l’insuline injectée.
Au final, l’alimentation dans le cas du diabète doit ressembler à celle conseillée pour tous. Car diabétique ou non, une bonne santé passe notamment par une bonne alimentation. Les différences portent non sur des choix d’aliments ou des quantités mais sur certaines pratiques induites par les modalités d’action des comprimés et de l’insuline.
Quelques connaissances et principes de base vous permettront de savoir choisir les aliments qui vous conviennent pour composer des menus attrayants pour toute la famille.
Contrairement aux idées reçues, les graisses sont plus impliquées que les sucres (glucides) dans l’apparition du diabète type 2 en particulier; et dans les deux types de diabète leur apport contrôlé intervient de façon majeure dans l’équilibre glycémique (en effet l’excès de graisses nuit à l’efficacité de l’insuline, celle encore fabriquée par le pancréas ou celle injectée). De plus le contrôle des graisses permet d’obtenir ou maintenir un poids satisfaisant et de participer à la prévention des complications cardiovasculaires. Globalement, l’apport en lipides ne doit pas représenter plus de 35 % de notre alimentation, soit 60 à 90 grammes par jour.
Par ailleurs, il est important de limiter les graisses saturées (beurre, crème, charcuterie, fromage, lait entier…), majoritairement d’origine animale, au profit des graisses insaturées (huile de colza, d’olive…), majoritairement d’origine végétale. Voir explications supplémentaires dans le lexique. Evitez les graisses hydrogénées dites «trans» (créées industriellement) car elles favorisent les plaques d’athérome responsables des maladies cardiovasculaires. NB : Le chapitre « Conseils pour diabète de type 2 » est plus détaillé sur les quantités conseillées
Les glucides, dans tous les cas doivent être apportés en quantité nécessaire aux besoins : dans le diabète de type 2 non insulinotraité, des apports réguliers sont préférables pour ne pas solliciter le pancréas de façon anarchique et aussi dans certains cas pour s’accorder à l’action des comprimés. Dans le diabète de type 1, la gestion des apports glucidiques doit s’adapter au type d’insulinothérapie en cours (apports fixes pour les schémas à deux insuline semi-lente, apports variables ou non en ajustant la dose d’insuline à action très rapide)
Il faut être très vigilant avec cette appellation et apprécier objectivement ce qui se cache derrière l’étiquette. Trop souvent dans ces aliments, une partie du sucre est remplacée par du gras, ou par du fructose, moins hyperglycémiant mais qui reste quand même un glucide.
Les glucides devraient représenter la part la plus importante de notre alimentation, à savoir 50 % soit 200 grammes par jour en moyenne. Parmi les aliments contenant des glucides, les plus intéressants à consommer sont les glucides complexes et les fruits qui allient «énergie de bonne qualité » et intérêt nutritionnel. Les desserts sucrés ne sont pas interdits : choisir le plus souvent ceux qui n’apportent pas ou très peu de graisses comme les entremets; sorbets , charlottes aux fruits, clafoutis (et qui sont aussi par ailleurs source de calcium, vitamines, protéines); Les sucreries (miel, bonbons, confiture, jus de fruits, sodas…), de peu d’intérêt nutritionnel seront consommées avec parcimonie et surtout réservées aux « resucrages ».
Que ce soit dans le cadre de votre diabète ou tout simplement au titre d’une bonne hygiène de vie, il est recommandé de consommer cinq portions de fruits et légumes par jour (concrètement ça peut être 2 voire 3 fruits par jour, un légume au moins à chaque repas , sans se priver d’ail , échalotes, fines herbes, persil..). Faites ainsi votre choix parmi les grands classiques, mais laissez-vous également séduire par les nouvelles variétés (tomates noires, nouvelles variétés de pommes…), ainsi que les légumes oubliés (topinambour, panais, rutabaga…) qui font depuis peu leur grand retour sur nos étals.
Même si elles ne présentent aucune valeur nutritive, les fibres favorisent le transit intestinal et permettent d’évacuer une partie du cholestérol alimentaire dans les selles, et limitent aussi la montée glycémique après les repas). Par ailleurs, les glucides riches en fibres ont bien souvent un index glycémique faible permettant ainsi de remédier efficacement aux petits creux. Dans le cas d’un diabète de type 2, on recommande une alimentation diversifiée , avec les quantités de fruits et légumes cités , des féculents de nature variée permet d’apporter une quantité de fibres satisfaisante.
C’est dans ces aliments que notre organisme va majoritairement puiser les protéines garantes de notre structure musculaire. . Ils doivent représenter 15 % de notre alimentation quotidienne Par ailleurs le calcium, très présent dans les produits laitiers (yaourt, fromage, crème dessert…), est également très important - surtout à l’aube de la ménopause - pour garantir et maintenir notre capital osseux. (Consommez 3 à 4 produits laitiers par jour.) Pour les viandes ou équivalent ( poisson, œufs) : 1 à 2 portions par jour en essayant de manger du poisson gras au moins deux fois par semaine pour la qualité des graisses qu’il apporte Alors variez les goûts et les plaisirs dans le choix de vos mets principaux.
Les sucres simples comme les bonbons ou confiture n’offrant pas d’intérêt nutritionnel particulier (pas de vitamines, minéraux): sont à consommer de façon limitée Vous pouvez utiliser, selon le cas , des substituts du sucre appelés édulcorants. Attention, tous ne supportent pas la cuisson !
En revanche, on ne peut prêter aucune vertu, même psychologique, à l’excès de sel. Globalement, notre besoin journalier (4 grammes par jour) est couvert par le sodium naturellement présent dans les aliments. Aucun besoin, donc, d’en rajouter. Un excès de sel chronique dans l’organisme pose en effet de sérieux problèmes: maladies cardiovasculaires, calculs rénaux, fuite de calcium dans les urines favorisant l’ostéoporose… À l’inverse, 1 gramme de sel en moins par jour empêcherait un quart des accidents cardiovasculaires 1.
Si vous tenez à prendre une boisson alcoolisée, accompagnez-la toujours d’un aliment sucré (petits biscuits) et évitez les aliments riches en graisses n’apportant pas de glucides (cacahuètes, olives, saucisson, fromage). Dans tous les cas, ne dépassez pas la dose d’alcool maximale recommandée, soit 2 doses par jour pour les femmes et 3 doses pour les hommes.
1 dose d’alcool = 10 g d’alcool = 10 cl de vin ou 25 cl de bière ou 2,5 cl de whisky.
À noter que toute prise d’alcool, même minime, pendant la grossesse est formellement déconseillée.
1 - Annual conference on cardiovascular disease. Epidemiology and Prevention. Mars 2009.
Diverses études ont conduit à remplacer la notion de « sucres rapides et lents » par celle d’index glycémique( IG).
La rapidité d’action d’un sucre dépend des conditions de sa prise et non de sa nature: c’est avant tout lié à la rapidité de la vidange gastrique. Pour cela, le sucre doit être pris seul, sans graisse associée - pas de chocolat !- et sous une forme lisse ou liquide: ainsi un jus de fruit (ou 3 sucres dans l’eau) pris lors d’une hypoglycémie à distance d’un repas – estomac vide- agira vite alors que ce même jus de fruit pris en cas d’hypo au cours d’un repas n’aura pas cette efficacité ! Ainsi on peut remonter vite une hypo avec un glucide à IG moyen (jus de fruit) pris dans les conditions citées alors que ce même jus de fruit aura une efficacité très médiocre pour l’hypo en cours de repas ! Ainsi un sucre aura « une action rapide» parce qu’il est pris dans certaines conditions et non parce que c’est sa propriété. Il a été démontré qu’il n’y pas de sucre rapide, ni lent qui font « monter la glycémie plus vite ou plus lentement » mais il y a des « sucres » qui la font monter plus ou moins fortement : on dit que les glucides sont plus ou moins hyperglycémiants et ont besoin alors de plus ou moins d’insuline : par ex 200g de lentilles cuites (IG faible) apportant 40g de glucides, «demanderont» beaucoup moins d’insuline que 80g de pain blanc (IG fort) apportant pourtant la même quantité de glucides. Cette notion d’IG a une application différente selon le type de diabète: dans le diabète de type 2 l’usage de glucides à plutôt faible IG permet une épargne insulinique et de meilleures glycémies post-prandiales d’où leur intérêt. Dans le diabète de type 1 la dose d’insuline à action très rapide devra tenir compte de l’IG des aliments choisis comme dans l’exemple précédent.
Il a été mis en évidence un « pouvoir plus ou moins hyperglycémiant » des aliments glucidiques (voir les utilisations explicitées dans conseils pour diabétiques type 1 et 2).
INDICE GLYCEMIQUE ALIMENTS
Ce tableau montre que la majorité des aliments sont plutôt à bas ou moyen IG , en particulier la plupart des desserts sucrés (entremets, gâteaux). De quoi tordre le cou aux injonctions médicales ou autres encore trop fréquemment rencontrées chez les diabétiques de supprimer les féculents et certains fruits , et bien sûr toute forme de dessert sucré ! A propos des pains, les études sont concordantes pour le pain noir et les pains multi céréales ; il y a des différences selon les études pour le pain complet et le pain blanc, en rapport essentiellement avec le fait qu'il y a toutes sortes de pains complets et que les pains blancs sont très différents selon les pays aussi (ex : en Amérique du Sud c'est quasiment du pain de mie ..).
Si aucune étude scientifique n’atteste à ce jour son intérêt direct dans l’équilibre du diabète, les spécialistes s’accordent toutefois à dire qu’une limitation des pesticides et autres engrais chimiques dans l’alimentation présente un impact positif sur la santé.
Menée entre 1999 et 2007, l’étude INCA (Individuelle Nationale sur les Consommations Alimentaires) permet aujourd’hui de faire le point sur les bons et mauvais comportements des Français à table.