Conseils alimentaires aux diabétiques de type 1

Les progrès réalisés dans la prise en charge du diabète de type 1 (autosurveillance glycémique, techniques d’injection, profil d’action des insulines…) ont fait naturellement évoluer la discipline alimentaire des malades.
Résultat : il est désormais possible d’adapter son insuline à son alimentation, et non l’inverse : ceci permet de gagner en souplesse limitant les transgressions et ceci permet au patient de faire de son alimentation une expérience gustative, peut-être plus favorable à l'auto-apprentissage.

Une plus grande souplesse dans l’alimentation

  • Les anciens schémas insulinique (encore utilisés dans certains cas) obligeaient à une certaine rigidité alimentaire: apports glucidiques fixes (et pas forcément restrictifs!), dans certains cas prise de collations, et consommation de desserts sucrés aux repas seulement , en équivalence avec un autre aliment glucidique (certains prescripteurs l’interdisaient): cette rigidité entrainait un certain rejet de l'alimentation , une sorte de révolte contre le fait de devoir manger que l'on ait faim ou pas ..et pas plus que prévu.
  • Désormais, si vous bénéficiez du traitement insulinique qui le permet et si vous le souhaitez, il est possible de manger plus librement en adaptant votre insulinothérapie. Desserts sucrés, féculents en quantité variable, repas aux heures qui vous conviennent autorisant de voluptueuses grasses matinées… Sans oublier les recommandations du Programme National Nutrition Santé (5 fruits et légumes par jour que l’on peut traduire en pratique par « mangez au moins deux fruits par jour, un ou plusieurs légumes à chaque repas sans délaisser ail, persil, échalotes .., limitation des produits sucrés, des matières grasses et du sel…): ainsi l’alimentation recommandée aux personnes diabétiques de type 1 offre davantage aujourd’hui la possibilité d’allier maladie, plaisir culinaire et vie sociale.

Loin d’entraîner un déséquilibre alimentaire, cette souplesse dans le comportement alimentaire du diabétique de type 1 engendre moins de frustration, laquelle conduisait inévitablement à des comportements transgressifs souvent excessifs.
Il s’en suit un sentiment de plus grande liberté, compatible avec un bon contrôle de la glycémie…

Une alimentation adaptée :

  • si vous bénéficiez d’un traitement « insuline basale et insuline rapide aux repas », sur les bases de l’équilibre alimentaire classique , vous pouvez composer vos repas sans exigence d’apports glucidiques fixes.
  • Par contre vous devez être capable d’évaluer la quantité de glucides dans votre repas, si vous voulez adapter la dose d’insuline rapide correspondante :

  • si votre schéma d’insuline comporte encore des insulines semi-lentes vous devez apportez des quantités de glucides fixes (le calcul des glucides dans ce cas n’est pas nécessaire: l’usage des tables d’équivalences glucidiques suffit).

Pour les glucides: à chacun d’opter pour la méthode qu’il préfère (calcul ou équivalences).

Dans les deux cas, il est souhaitable qu’un expert de la nutrition (diététicien ou médecin) vous ait donné quelques indications sur vos besoins alimentaires, sur le repérage des glucides et appris les bases du calcul des glucides ou usage des équivalences.
N'oubliez pas les conseils donnés sur l'usage des graisses (voir définition des graisses dans le lexique et la rubrique "Bien manger, un style de vie pour tous").

Repérez les aliments glucidiques dans vos repas.Pain et féculents, fruits et légumes, desserts et boissons…. Le sucre est partout - même là où on s’y attend le moins - et il est indispensable de savoir le détecter pour pouvoir évaluer les quantités consommées.

    Évaluez la quantité de glucides consommés :
  • soit par le calcul direct des glucides (ex : 100g de pain apportent 50g de glucides, 100g de féculents cuits apportent 20g de glucides, 100g de pizza apporte 25g de glucides etc.
  • soit par les équivalences glucidiques qui offrent la possibilité de substituer un aliment à un autre sans pour autant compter les glucides (ex : sachant que 40g de pain apporte la même quantité de glucides que 100g de féculent cuit , je peux manger 80g de pain ou 200g de féculent cuit : c’est la même chose).
  • Dosez en conséquence votre insuline prandiale, si votre traitement le permet (insuline rapide aux repas).

    Par exemple, si votre besoin en insuline prandiale est évalué à 1 unité pour 10 grammes de glucides absorbés, un repas comportant par exemple 60 grammes de glucides (ration moyenne recommandée pour un repas) nécessitera 6 unités d’insuline rapide.

    « Cas pratiques »

    • Je dois décaler l’heure de mon repas.Si vous êtes traitée par insulines basale et rapide, ou par pompe à insuline, faites l’insuline rapide au moment du repas, quel que soit son horaire. Si vous êtes traitée avec une insuline mélangée (semi-lente devant être injectée à heure fixe et rapide nécessitant une prise alimentaire immédiate ) prenez un acompte glucidique à l’heure du repas habituel),
    • Je dois sauter un repas.Avec les insulines mélangées (semi-lente + rapide), l’apport glucidique régulier est nécessaire. On ne peut donc pas sauter de repas sans courir le risque de faire une hypoglycémie. Avec un traitement associant insulines basale et rapide, ou avec une pompe, il suffit de ne pas faire l’injection d’insuline rapide ou le bolus à la pompe. Sous réserve toutefois que la dose d’insuline basale (lente ou débit de base de la pompe) ait été correctement déterminée.
    • D’autres astuces pratiques concernent les personnes pratiquant de l’insuline rapide aux repas ( insuline avant ou après repas ? repas qui durent longtemps, repas gras , repas à index glycémique très haut ou très bas etc. ...
    J’adapte mon insuline à mon alimentation et non l’inverse. Solène, 24 ans.