Je surveille ma maladie

Afin d’assurer un suivi efficace et limiter les complications silencieuses du diabète, la surveillance régulière d’un certain nombre d’indicateurs est indispensable au quotidien. L’objectif ? Maintenir un équilibre glycémique satisfaisant tout en sachant, en cas de déséquilibre ou de complication, quelle attitude adopter. Un pari relevé par l’éducation thérapeutique conçue il y a plus de vingt ans, afin d’apprendre à tout patient comment gérer seul et en toute sérénité sa maladie, entre deux consultations.

Mieux se connaître

Certains épisodes de la maladie peuvent parfois s’avérer silencieux. Par exemple, les deux situations aigues du diabète - les hypoglycémies et les hyperglycémies sévères - peuvent être dans certains cas asymptomatiques. C’est pourquoi la surveillance des glycémies capillaires, quand elle a été prescrite s’avère indispensable soit quotidiennement quand il y a insuline, soit dans les situations à risque pour les diabétiques de type 2 non insulinotraités (voir chapitre « hyperglycémie » en particulier).

Pour les personnes sous insuline, cette autosurveillance doit être optimale et pluriquotidienne car elle permet d’adapter plus finement les doses et de gérer efficacement les situations susceptibles de faire varier la glycémie (activité sportive, repas de fête…). Pour les personnes qui ne sont pas sous insuline, l’autosurveillance relève du protocole thérapeutique établi par le médecin en fonction des caractéristiques individuelles.

« Qu’est-ce que la lune de miel ? »

Également appelée « rémission », la lune de miel est une période trompeuse pendant laquelle le diabète de type 1 donne tous les signes d’une guérison (le pancréas se remet à fonctionner pendant une courte durée). Elle intervient généralement après le dépistage de la maladie et dés la mise en place du traitement par insuline.

La glycémie : selon protocole médical

La glycémie est la mesure du taux de sucre dans le sang. D’une fois par semaine à plusieurs fois par jour selon le type de diabète (conseillée au moins 4 fois par jour pour les diabétiques de type 1), la surveillance glycémique s’intensifie en cas de déséquilibre glycémique ou de l’existence de risques (maladie, sport, repas de fête…), ainsi que dans certaines situations particulières (grossesse…). Dans tous les cas, elle relève en premier lieu du protocole thérapeutique élaboré par le médecin et s’adapte au quotidien en fonction des besoins.

Prioritairement effectué par prélèvement capillaire (voir rubrique « Les bons gestes de la glycémie capillaire »), elle peut être grossièrement évaluée par bandelette urinaire (solution de secours).

« Les moments clés de la glycémie capillaire »

  • À jeun au réveil et avant les 2 principaux repas.
  • En post-prandial soit 2 heures après le début d’un repas, et notamment au coucher pour éviter les problèmes pendant la nuit.
  • Vers 17-18 h si vous êtes sous antidiabétique oral, heure d’action maximale des molécules actuelles.
  • Avant de vous endormir si vous êtes un couche-tard et que votre dîner est déjà loin derrière vous.

« Glycémie capillaire et objectifs glycémiques »

Les objectifs glycémiques sont définis par votre médecin en fonction de vos particularités personnelles. Toutefois, des valeurs indicatives existent par type de diabète.

Glycémie à jeun Glycémie post-prandiale
Diabète de type 1 0,7 à 1,2 g/l < 1,6 g/l
Diabète de type 2 < 1,8 g/l
Au travail, en vacances, à la maison… Je surveille moi-même mon diabète et je gagne en liberté Sophie, 34 ans.

1. La cétonurie : occasionnellement et en cas d’urgence

La cétonurie est la mesure des corps cétoniques ou acétone dans les urines. Elle est à pratiquer régulièrement selon les conseils de votre médecin, et systématiquement en cas d’hyperglycémie (valeur repère : glycémie > à 3g/l).
La surveillance de la cétonurie est particulièrement importante en cas d’oubli d’une injection d’insuline lente et lors d’une maladie aigue avec fièvre. La cétonurie concerne principalement les diabétiques de type 1 et les diabétiques de type 2 sous insuline. La prescription de cette surveillance peut aussi être nécessaire dans certains cas, comme chez les patients diabétiques non insulinotraité mais en situation aigüe d’hyperglycémie persistante, d’infection …

2. L’état de vos pieds : quotidiennement

Avec le temps, une perte de la sensibilité des pieds peut s’installer, d’où l’importance d’effectuer un contrôle régulier à faire par le médecin ou le diabétologue (test au monofilament).
Parce que le diabète peut à la fois altérer le système vasculaire et nerveux des membres inférieurs, après plusieurs années d’évolution, il est très important de surveiller l’état de ses pieds afin de déceler précocement toute lésion qui, dans ce contexte de perte de sensibilité, risquerait de passer inaperçue.

Cette surveillance, pour détecter une éventuelle lésion est à effectuer au moins une fois par jour, notamment par le biais de soins d’hygiène et de confort adaptés (voir chapitre « Prévenir le pied diabétique »). Une visite occasionnelle ou régulière chez le pédicure-podologue (voir chapitre « Les partenaires de mon diabète » section Pédicure-podologue) peut également être prescrite pour une prise en charge avec remboursement des soins possible dans certains cas seulement.

3. Votre santé bucco-dentaire

Parce qu’un taux élevé de sucre dans le sang est un terrain favorable pour le développement des bactéries, mais aussi parce que le diabète entraîne une diminution de la salive limitant la plaque dentaire, il est important de surveiller l’état de sa bouche et de ses dents en assurant des soins d’hygiène pluriquotidiens (voir chapitre « Une bouche et des dents en bonne santé »). Une visite chez le dentiste (voir chapitre « Les partenaires de mon diabète ») est préconisée au moins une fois par an, et dès l’apparition de symptômes inhabituels.

4. Votre tension artérielle

Si vous le souhaitez, vous pouvez surveiller votre tension artérielle à l’aide d’un appareil d’automesure tensionnelle. Certains pharmaciens mettent également gracieusement à la disposition de leurs clients ce genre d’appareil dans leur officine.

Au travail, en vacances, à la maison… Je surveille moi-même mon diabète et je gagne en liberté Sophie, 34 ans.

« Carnet d’autosurveillance : le carnet de bord de la maladie »

Tous ces résultats et observations doivent être scrupuleusement consignés dans un carnet d’autosurveillance (ou un programme informatique ad hoc), en complément du traitement administré, des épisodes d’hypo ou d’hyperglycémie pour les personnes concernées, et de tout autre événement fort de votre journée (déjeuner au restaurant, séance de sport, contrariété, maladie, prise de médicaments…). Notez autant les problèmes que vos joies et satisfactions (ne vous privez surtout pas de ces récompenses bien légitimes). Toutes ces informations sont indispensables à votre médecin pour estimer l’efficacité de votre traitement et évaluer votre autonomie face à la maladie

Télécharger le carnet d’autosurveillance glycémique.

Adaptez votre traitement et vérifiez son efficacité

    Selon le résultat de votre glycémie et en vous reportant au protocole médicamenteux qu’a élaboré votre médecin, vous pouvez, en toute autonomie, adapter votre traitement.

  • Par insuline rapide à titre de correction, mais également retard pour les doses de fond en vous référant aux résultats obtenus les jours précédents.
  • Par antidiabétique oral, notamment à l’aide de la mesure glycémique de 17-18 heures.
  • Par choix alimentaires (quantité, qualité, horaire…). Certains aliments peuvent vous convenir mieux que d’autres. À vous de les trouver.

« J’évite les conduites à risque »

N’interrompez jamais votre traitement (comprimé ou insuline) sans l’accord de votre médecin.

Ne diminuez pas non plus votre insuline lente sans accord médical lorsque vous êtes malade ou si vous n'avez pas faim. Variez vos sites d’injection afin d’uniformiser l’action du traitement (chaque partie du corps réagit différemment) et éviter les lipodystrophies (voir rubrique « Bien injecter son insuline » ).

Consultez régulièrement les professionnels de santé impliqués dans le suivi de votre diabète ( voir rubrique « Les partenaires de mon diabète » ).

Soyez à jour dans vos vaccinations.

Arrêtez de fumer. Entre autres, le tabac diminue significativement l’efficacité de l’insuline et il est responsable de nombreux méfaits bien connus (impact négatif sur la fonction rénale, ...).

Au travail, en vacances, à la maison… Je surveille moi-même mon diabète et je gagne en liberté Sophie, 34 ans.