Le diabète au travail

Si gérer le diabète au travail n’est pas toujours évident, il n’en reste pas moins qu’une bonne organisation et quelques réflexes peuvent vous rendre la vie plus facile. Revue de détails des petits trucs et astuces pour une vie professionnelle la plus zen possible.

Qui dois-je informer de ma maladie ?

Personne ne vous oblige, et notamment pas la loi, à informer votre employeur de votre diabète. Toutefois, informer vos collègues les plus proches de votre maladie peut leur permettre de mieux comprendre certaines situations particulières (besoin de vous isoler, de respecter certains horaires, baisse de régime au cours de la journée…), et de réagir de manière adaptée en cas de problème.

Quant à la médecine du travail, déclarer sa maladie présente certains avantages. Tant en cas de problème (il est plus facile de gérer un malaise quand on a une idée de sa cause éventuelle), que pour adapter votre poste ou vos horaires de travail si cela s’avère nécessaire. Enfin, sachez que le médecin du travail, comme l’infirmière, est soumis au secret professionnel et que votre dossier médical n’est consultable par personne d’autre au sein de l’entreprise. Cette situation peut être délicate et les patients peuvent s’entourer des conseils de leur diabétologue.

« Travail et handicap »

Le diabète ouvre droit au statut de travailleur handicapé. Effectuée par votre médecin, cette demande peut, entre autres, permettre l’aménagement de votre temps et poste de travail. En cas de procédure de licenciement économique au sein de votre entreprise, elle vous garantit également le maintien maximal de votre poste. Jugée stigmatisante par bon nombre de malades diabétiques, la déclaration de travailleur handicapé doit faire l’objet d’une réflexion approfondie de votre part, avec le médecin qui vous suit.

Contraintes professionnelles et impératifs liés à la maladie

De nombreuses femmes le disent haut et fort : gérer son diabète au travail n’est pas chose facile. À l’inverse, elles soulignent aussi souvent que ce n’est pas, pour autant, mission impossible. Un peu d’organisation et quelques réflexes permettent au quotidien d’associer les deux.
Planifiez vos contrôles glycémiques et vos injections sur votre agenda, comme toute autre tâche importante pour votre travail.
Faites sonner votre montre ou la fonction vibreur de votre téléphone portable (plus discret) pour marquer une heure importante dans le suivi de votre diabète (surveillance glycémique, injection…).
Trouvez un endroit tranquille où vous vous sentez en confiance pour pratiquer vos injections (votre bureau avec la porte fermée, l’infirmerie, votre voiture entre deux rendez-vous extérieurs…).
Gardez toujours sur vous, ou près de vous, de quoi vous resucrer (tiroir de votre bureau, boîte à gants de votre voiture, sacoche de votre ordinateur…).
Si vous êtes sous insuline, évitez de sauter votre déjeuner, ni votre mesure glycémique parce que c’est l’heure de votre prochaine réunion (c’est gérable avec un basal bolus).

« Les métiers interdits »

Quand on est diabétique, certains métiers ne peuvent être pratiqués et/ou certaines institutions ne peuvent être intégrées.
  • L’armée (tous les métiers)
  • Les douanes (agent et préposé)
  • La sécurité nationale (pompier, surveillant d’établissement pénitentiaire, gendarme…)
  • L’aviation civile et commerciale
  • La marine marchande
  • Les postes d’outre-mer
  • Contrôleur et inspecteur de la Sécurité Sociale
  • Les métiers nécessitant un permis pour véhicules lourds, dit de groupe 2 (insérer lien vers « Diabète et permis de conduire »), et par là même conducteur de poids lourds, de taxi, d’ambulance, de transport en commun, de voiture auto-école…
  • Certaines catégories d’ingénieurs (géographe, ponts et chaussées, eaux et forêts, génie rural…)
  • En cas de survenue d’un diabète au cours de l’une de ces activités professionnelles, seules celles exigeant un permis du groupe B obligent à une reconversion.


Source : AFD

Trajets et déplacements

Que vous alliez travailler en voiture ou en transport en commun, observez toujours quelques règles de prudence et de bon sens. Et n’oubliez pas, à la première occasion, de troquer une partie du parcours pour un peu de marche à pied.

  • Mesurez votre glycémie avant de partir et ayez toujours sur vous de quoi vous resucrer.
  • Prenez en compte dans votre activité physique de la journée les efforts liés au transport d’un ordinateur portable, d’une sacoche pleine de dossiers ou d’une valise en vue d’un déplacement, surtout s’il fait chaud et/ou que vous sentez fatiguée.
  • Même dans le bruit et la foule, écoutez-vous et détectez précocement toute hypoglycémie. Arrêtez-vous si vous êtes en voiture, … Bref, resucrez-vous sans attendre et contrôlez votre glycémie.
  • Si vous prenez le volant pour une longue distance, faites une pause de 10 minutes au moins toutes les deux heures (recommandations de la Sécurité routière), davantage en cas d’embouteillages ou de conditions de conduite difficiles. Vérifiez votre glycémie régulièrement à ces pauses notamment sur des longs trajets. Évitez la conduite nocturne et en solitaire, plus fatigante et propice à l’endormissement. Emportez avec vous une petite trousse médicale en cas de déplacement de plusieurs jours et prévoyez en quantité suffisante boissons et collations.

Au travail, je surveille et je gère mon diabète comme à la maison.
(voir rubrique « Témoignages au quotidien ») Blandine, 43 ans