L’adolescence est un moment de grand bouleversement hormonal et psychique. Elle est donc naturellement une période difficile et génératrice de nombreux questionnements. Ajouter le diabète à cette période déjà délicate est une difficulté de plus à gérer pour l’adolescent comme pour sa famille. Il s’agit également d’une période ambivalente où votre enfant a hâte de devenir adulte et d’être indépendant. Et où, en même temps, il a encore besoin de votre soutien et de vos conseils.
Un adolescent vit très mal le fait que l’on touche à sa liberté, notamment alimentaire. Pour un ado, si les inconvénients immédiats pèsent plus lourds que les avantages, le choix est vite fait entre un steak salade et un hamburger frites. Et toutes les menaces (complications, interdictions, punitions…) n’y peuvent pas grand chose. Pour comprendre les dérives de son ado, il faut bien prendre la mesure de l’injustice que représente la maladie à cet âge. À l’heure de la liberté et de la spontanéité, votre enfant doit prévoir, anticiper et s’interdire ce que les autres s’autorisent sans se poser de questions.
Si la révolte, la colère, le sentiment d’injustice sont des réactions normales d’intégration psychique (voir rubrique « L’annonce du diagnostic »), les exprimer présente également un avantage : ce sont les compétences émotionnelles. Utilisée en psychologie depuis une dizaine d’années, cette notion pose l’émotion comme un signal permettant d’orienter ses choix en direction de la survie. Elle fait référence à plusieurs éléments clés dans l’acceptation de la maladie :
1 – Université libre de Belgique, faculté de médecine clinique de diabétologie pédiatrique.
L’âge de l’adolescence rime souvent avec prise de risque et sentiment d’invulnérabilité. Deux notions qui ne font pas bon ménage avec le diabète. Le dialogue doit être permanent avec votre adolescent, tant pour qu’il exprime ses envies et ses frustrations, que pour qu’il « n’oublie » pas les limites qui lui sont fixées. En même temps, prenez garde à ne pas faire du diabète le point central de sa journée. Demandez des nouvelles de l’école, des copains et des derniers films vus au cinéma. Et commencez par lui dire bonjour le matin au lever avant de le questionner sur le résultat de sa glycémie.
L’adolescent peut se mettre en position de négociation : « Ok pour l’insuline, mais je sors ce soir avec mes copains ». Prenez garde alors de ne pas transformer la maladie en excuse. Conservez les mêmes fondamentaux pour votre enfant que vous l’auriez fait s’il n’avait pas été malade (devoirs, heures de sortie…), et adoptez une discipline cohérente d’éducation (ne soyez pas hyper rigide sur le diabète si vous êtes plutôt laxiste sur tout le reste).
L’adolescence est la période de la vie de votre enfant où il faut commencer à lui parler comme à un adulte. Il ne peut - et ne veut - plus suivre passivement vos directives, et doit pouvoir faire ses propres choix et prendre les décisions qui le concernent.
En même temps, il peut s’avérer difficile pour lui d’intégrer une forme de discipline supplémentaire dans une vie plutôt imprévisible et spontanée (tout ado est capable de s’élancer dans une partie de foot improvisée sans collation préalable).
Votre rôle est alors d’essayer de le responsabiliser, c’est-à-dire lui faire prendre conscience que chaque geste et comportement contre la maladie est un point marqué pour l’avenir. Une gageure, il est vrai, dans un contexte où les contraintes immédiates de la maladie sont plus souvent perçues que les bénéfices à long terme. Accordez lui par exemple des responsabilités gratifiantes pour lui (prêt de votre voiture…) si celles liées à son diabète sont correctement remplies.
Pour bien s’occuper de sa santé, il faut aimer son corps. Or, avec ses nombreux changements, l’adolescence n’est, là aussi, pas la meilleure période pour cela.
Complimentez votre ado sur son physique, son look et le choix de ses vêtements, même si ceux-ci ne sont pas de votre goût. Après tout, quelle importance… On ne peut pas lutter sur tous les fronts, et votre énergie doit se concentrer sur l’avenir de votre enfant et de son diabète.
Pour une fille, remettez en cause avec force les stéréotypes féminins sur papier glacé. Des études ont montré que de nombreuses jeunes filles vont jusqu’à arrêter leur insuline pour perdre du poids !