Être aidant, c’est soutenir son proche dans l’apprentissage de l’autonomie face à la maladie. Même s’il n’est pas facile d’évoluer sur la ligne de crête entre une présence excessive (qui engendre souvent des contre-attitudes) ou insuffisante (sentiment de solitude et d’abandon), gardez toujours à l’esprit l’objectif qui doit rester le vôtre : soutenir un proche c’est avant tout faire en sorte qu’il devienne acteur de sa vie.
Pour réussir à ne pas projeter son inquiétude sur son proche, il faut avoir fait un travail d’acceptation de la maladie (voir rubrique « L’annonce du diagnostic »). En effet, on ne peut prétendre être aidant si on ne fait pas soi-même face aux problèmes. Quand bien même on tenterait d’en donner l’apparence. Car la communication dite non-verbale (comportement, gestes, expression du visage…) vient parfois contredire avec force des propos que l’on pensait pourtant convaincants.
Tout parent, tout conjoint a le droit d’avoir les limites qui lui sont propres. Et ces limites sont celles de la souffrance. Dès lors qu’une aide devient source de souffrance individuelle, mieux vaut déléguer les tâches que l’on est plus en mesure d’assumer. Car parfois, au lieu de s’aider, les souffrances se potentialisent, même - et peut-être surtout- quand il y a beaucoup d’amour. Demander de l’aide n’est pas synonyme de démission mais au contraire témoigne d’une recherche intelligente visant à trouver la meilleure façon d’aider son proche. Car mieux vaut faire appel à un tiers que d’être inefficace, voire pire, contre-productive.
Que ce soit pour accompagner votre conjoint ou votre enfant, les associations de patients peuvent vous apporter aide et écoute. Pour en savoir plus cliquez ici (voir rubrique « Associations au service des malades »). Si le diabète concerne votre enfant, attention à ne pas « parentaliser » à votre place ses frères et sœurs. Chacun doit en effet garder son rôle dans la famille. Si vous vous sentez dépassée ou fatiguée, demandez plutôt de l’aide aux professionnels dont c’est le rôle (infirmière libérale, maison du diabète…). Certains psy vont même jusqu’à dire qu’une maman n’est pas toujours la mieux placée pour aider son enfant, tant l’affectivité et l’empathie sont grandes et peuvent représenter, dans ce genre de situation, un handicap plutôt qu’une force.
C’est notamment dans la maladie d’un enfant que la complémentarité entre le père et la mère est évidente. La mère représente l’instance protectrice tandis le père constitue l’instance motrice. La nature a donc créé un bon équilibre entre les parents et, dans les coups durs, il ne faut pas hésiter à s’y référer. Laissez faire votre conjoint… À son idée. N’hésitez pas à vous reposer sur lui en le laissant gérer, lui aussi et à sa manière, la maladie de votre enfant. Au final, ce dernier tirera de chacun l’énergie dont il a besoin pour avancer.
Si vous êtes seule pour élever votre enfant, essayez de trouver une instance motrice de substitution. Ami, oncle ou pourquoi pas professeur de sport… L’enjeu est de recréer cet équilibre entre votre besoin de protection et la nécessité pour votre enfant de continuer à vivre le plus normalement possible.