Le schéma est toujours le même. Au départ, une lésion minime - et presque toujours évitable - dont l’évolution devient rapidement lourde de conséquence en l’absence de soins adaptés… Chez les diabétiques, le pied mérite toutes les attentions. La raison ? La conjonction de deux types de complications. La neuropathie qui engendre une perte de sensibilité des nerfs et l’artériopathie des membres inférieurs offrant un terrain favorable pour l’infection. Pourtant, des précautions simples permettent de prévenir les complications car le pied diabétique n’est pas une fatalité.
Heureusement, être diabétique ne suffit pas pour développer un pied diabétique. Encore faut-il présenter un profil à risque. Dès lors, toutes les précautions doivent être prises pour conserver des pieds en bonne santé.
Le pied diabétique ne concerne presque jamais les « jeunes » diabétiques de type 1 (diabète évoluant depuis moins de 15 ans).
Les lésions du pied diabétique sont souvent localisées aux mêmes endroits.
Le point commun ? Leur capacité à passer inaperçues et à se développer sournoisement.
Simple et efficace, la prévention du pied diabétique est à la portée de tous.
Régulièrement ou occasionnellement, vous pouvez confier vos soins de pied à un professionnel. Ablation des callosités, coupe des ongles… Celui-ci peut également vous conseiller dans le choix de vos chaussures. Informez-le de votre diabète afin qu’il adapte ses soins en conséquence. Désormais, les soins de pédicurie-podologie sont remboursés par l’Assurance Maladie, sur prescription médicale, pour les diabétiques dont les pieds présentent des risques élevés de lésions ou des blessures importantes. Une condition toutefois : que le praticien soit conventionné (et qu’il ne facture pas de dépassement d’honoraires). Le nombre de consultations annuelles reste toutefois plafonné, selon le grade d'atteinte 2 ou 3: parlez-en à votre médecin.
Attention ! Le pédicure-podologue ne se substitue pas à une autosurveillance régulière de vos pieds, ainsi qu’aux mesures d’hygiène et de prévention évoquées précédemment.
Et sans attendre, car la précocité des soins garantit en grande partie l’évolution ultérieure. Certaines lésions (notamment celles résultant de la macération entre les orteils) peuvent évoluer en seulement quelques heures. Le but est d’éviter à tout prix l’évolution vers le mal perforant plantaire (ulcérations cutanées et portes ouvertes à la gangrène), alors même que les symptômes, chez une personne diabétique, peuvent rester très discrets. Alors surveillez le moindre des signes suivants. Et consultez au moindre doute.
En plus du traitement par soins locaux par infirmière à domicile, décharge du pied (repos et chaussage adapté déchargeant la plaie) et parfois antibiothérapie orale et des recommandations de votre médecin, équilibrez au plus vite votre glycémie (les germes adorent le sucre). Cette complication pourra être l'occasion d'arrêter de fumer (le tabac à une incidence très négative sur la circulation sanguine).