Prévenir les complications cardiovasculaires du diabète

Si vous ne pouvez pas agir sur certains facteurs de risque cardiovasculaires, notamment ceux dits « constitutionnels » (âge, sexe, hérédité), bon nombre d’entre eux restent dépendants de votre mode de vie, en particulier pour les diabétiques de type 2. En d’autres termes, la balle est dans votre camp si vous voulez minimiser votre risque de complications. Car n’oublions pas qu’à ce jour les maladies cardiovasculaires représentent la première cause de mortalité dans le monde. Mais aussi que 90 % d’entre elles sont aujourd’hui prévisibles. 1

Une alimentation saine et équilibrée

Suivez les recommandations du Plan National Nutrition Santé.

  • Réduisez les lipides (voir rubrique Conseils alimentaires pour diabétiques de type 2).
  • Consommez suffisamment de glucides de bonne qualité en variant les sources au maximum (voir rubrique Conseils alimentaires pour diabétiques de type 2)
  • Consommez 5 fruits et légumes par jour.
  • Absorbez des fibres aussi souvent que possible (ils favorisent le transit intestinal et filtrent le cholestérol en excès dans les sucs digestifs).
  • Mangez de la viande ou du poisson 1 à 2 fois par jour, des œufs 2 fois pas semaine au maximum, ainsi que 3 à 4 laitages quotidiennement.
  • Ayez la main légère sur le sel (1 gramme de sel en moins par jour empêcherait un quart des accidents cardiovasculaires2).

Adoptez également une hygiène de vie optimisant ces règles de bonne conduite alimentaire.

  • Prenez au moins 3 repas par jour (donc ne sautez ni le petit-déjeuner parce que vous êtes en retard, ni le déjeuner parce que vous avez trop de travail).
  • Buvez de l’eau, de préférence riche en calcium et pauvre en sodium, surtout en cas de chaleur ou d’activité sportive.
  • Ne dépassez pas les quantités d'alcool recommandées par l’Organisation Mondiale de la Santé, soit 2 doses d’alcool par jour pour les femmes et 3 doses pour les hommes (1 dose d’alcool = 10 g d’alcool = 10 cl de vin ou 25 cl de bière ou 2,5 cl de whisky).
  • Mangez au calme.

« Les facteurs de risque cardiovasculaires individuels »

  • Un taux excessif de lipides dans le sang (dyslipidémie), notamment de mauvais cholestérol (LDL) et de triglycérides.
  • Une obésité, surtout abdominale appelée androïde (à partir de 94 cm chez les hommes et 80 cm chez les femmes3).
  • Une hypertension artérielle (au-delà de 130/80 mmHg ou 13/8).
  • Un diabète.
  • La sédentarité.
  • Le tabac.
  • Le stress.

Source : Étude Inter Heart

Du sport et encore du sport

Nul besoin de viser les prochains Jeux Olympiques pour se maintenir en forme. La bonne dose ? 30 minutes de sport 3 fois par semaine au minimum. Ou 30 minutes d’activité physique tous les jours si vous ne faites pas de sport. L’objectif ? Lutter contre le surpoids et le mauvais équilibre lipidique (quelques kilos en moins améliorent déjà sensiblement les niveaux de triglycérides et cholestérol dans le sang), et entretenir votre corps et votre cœur. Tout en faisant barrière au stress identifié scientifiquement comme un facteur de risque cardiovasculaire avéré.
Parlez-en à votre médecin pour savoir si des tests cardiaques sont nécessaires avant reprise de sport, en particulier. Il vérifiera aussi vos pieds, votre tension artérielle, ...

« Pas le temps ou l’envie de faire du sport ? »

Alors pratiquez une activité physique quotidienne au moins 30 minutes par jour (recommandation du Plan National Nutrition Santé). Que vous pourrez fractionner à votre guise tout au long de la journée.

  • Marche (prenez les escaliers au lieu de l’ascenseur, n’utilisez votre voiture qu’en cas de besoin ou garez-la un peu plus loin pour finir le parcours à pied, promenez votre chien plus souvent, faites des balades en famille…)
  • Bricolage
  • Ménage
  • Jardinage…

« Quel sport est le meilleur si je suis obèse ? »

En cas de surpoids important, mieux vaut pratiquer un sport ménageant les articulations (dit « en décharge »). Le meilleur d’entre eux : la natation. Si vous ne souhaitez pas aller à la piscine, le vélo (d’appartement si vous êtes citadine) est également un très bon choix.

Haro sur le tabac

Plus vous fumez, plus votre risque cardiovasculaire est élevé. Et cela commence dès la première cigarette1.

En effet, le tabac présente de nombreux effets négatifs sur l’appareil cardiovasculaire.

  • Augmentation de la quantité du mauvais cholestérol dans le sang.
  • Formation de caillots sanguins dans les artères.
  • Altération de la paroi des artères (surtout celles du cœur et des membres inférieurs)…

Sans parler du risque accru de certains cancers (poumon bien sûr, mais également sphère ORL et vessie).

Attention ! Le tabagisme passif (vous ne fumez pas mais vous vous trouvez en présence de fumeurs) augmente lui aussi le risque cardiovasculaire.

« Tabac : le danger commence à la première cigarette »

  • 1 à 5 cigarettes par jour = 40 % de risque d’infarctus en plus.
  • 6 à 10 cigarettes = 50 % de risque d’infarctus en plus.
  • Plus d’un paquet = 400 % de risque d’infarctus en plus…

… Et ceci, qu’il s’agisse de cigarettes light ou non, avec filtre ou sans, de pipe, de cigare ou de cigarette « roulée ».

Source : Etude Inter Heart

De nombreuses techniques (acupuncture, thérapie comportementale et cognitive ou TCC…), médicaments et substituts nicotiniques peuvent vous aider dans votre projet de sevrage tabagique. N’hésitez pas à en parler à votre médecin.

Les signes qui doivent vous alerter

En cas d’apparition de l’un des signes suivants, consultez sans attendre votre médecin.

  • Douleur dans la poitrine ou gêne thoracique.
  • Douleur dans la mâchoire, l’estomac ou le bras, que ce soit du côté droit ou du côté gauche (la douleur cardiaque irradie).
  • Douleurs dans les jambes à la marche.
  • Difficulté respiratoire.
  • Élocution difficile.
  • Sudation et maux de tête.
  • Insensibilité ou faiblesse d’un côté du corps.

Les maladies cardiovasculaires les plus fréquentes sont l’infarctus (oblitération d’une artère coronaire par un caillot sanguin) et l’accident vasculaire cérébral ou AVC (caillot ou hémorragie dans la zone cérébrale). Les deux représentent une situation d’urgence absolue.
L'infarctus peut être silencieux chez le diabétique. Un déséquilibre glycémique peut alors être l'élément dominant du taleau, sans douleur.

1 - Etude Interheart. The Lancet. 2004.
2 - Annual conference on cardiovascular disease. Epidemiology and Prevention. Mars 2009.
3 - Fédération International du Diabète. 2005.