Quel que soit le type de diabète, l’allaitement est non seulement parfaitement compatible avec la maladie, mais il présente également de nombreux avantages pour vous comme pour votre bébé. Si la montée de lait semble plus lente chez les mères diabétiques (l’insuline joue un rôle clé dans le démarrage et le maintien de la lactation), cette dernière n’en n’est pas pour autant de mauvaise qualité. Vous pouvez même donner votre lait si vous en produisez beaucoup. Dans tous les cas, faites ce que vous avez envie de faire et parlez-en avec l’équipe médicale qui vous suit. Car, comme disent souvent les sages-femmes, mieux vaut un biberon donné avec amour, que le sein donné sans envie.
Pour la maman. L’allaitement contribue au retour à la normal de la glycémie de la jeune maman (besoin réduit en insuline), ainsi qu’à sa tolérance au glucose en cas de diabète gestationnel. Par ailleurs, la succion des seins entraînant de manière réflexe des contractions de l’utérus, l’allaitement contribue à éviter le risque d’hémorragie qui suit l’accouchement et permet à l’utérus un retour plus rapide à sa taille initiale.
Pour le bébé. Il semblerait que les enfants nourris au sein soient moins exposés au risque de développer ultérieurement un diabète de type 1, comme de type 2 ¹.
La nature fait bien les choses. C’est pour cette raison que le lait maternel est indéniablement le meilleur des aliments pour bébé. Il comprend en effet un mélange nutritionnel parfaitement adapté à ses besoins quotidiens et à son développement.
Toutefois, si vous ne souhaitez pas allaiter, sachez que les laits maternisés sont aujourd’hui d’une composition très similaire au lait maternel et couvrent également tous les besoins nutritionnels quotidiens du jeune enfant.
La composition du lait maternel n’est pas figée dans le temps. Elle évolue pour s’adapter aux spécificités de la croissance de l’enfant.
Si vous ne souhaitez pas allaiter sur le long terme, une mise au sein pendant les 4 ou 5 premiers jours, voire uniquement en salle d’accouchement, représente déjà un intérêt non négligeable pour votre enfant.
Si vous ne souhaitez pas allaiter du tout, parlez-en avec votre médecin peu avant l’accouchement afin qu’il vous prescrive un traitement adapté.
1 – Journée mondiale du diabète 2006
D’une manière générale et comme pendant votre grossesse, la règle d’or d’une bonne alimentation repose là aussi sur l’équilibre et la variété (voir rubrique « Une alimentation saine et équilibrée »). Donc, rien à changer radicalement. Adaptez seulement en conséquence votre apport calorique quotidien.
La diététicienne pourra vous conseiller pour majorer si besoin votre apport journalier par rapport à celui de fin de grossesse.
Privilégiez les glucides à faible indice glycémique (voir rubrique « Une alimentation saine et équilibrée »).
Veillez à un apport suffisant en calcium (pour préserver votre capital osseux), en fer (pour récupérer de la perte de sang engendrée par l’accouchement) et en vitamines (pour reprendre des forces).
Buvez de l’eau (au moins 2 litres par jour, davantage s’il fait chaud), de préférence peu minéralisée.
Votre poitrine va subir des modifications rapides et visibles : c’est la montée de lait.
Ces modifications peuvent s’accompagner de picotements, de petits tiraillements, d’une sensation de pesanteur, voire d’une sensibilité accrue au contact. Ne vous inquiétez pas. Ces signes sont transitoires et tout rentrera dans l’ordre une fois l’allaitement enclenché. En cas de vraies douleurs, parlez-en à votre médecin.
La montée de lait est progressive. Au début, vous donnerez probablement peu de lait, mais la succion de vos seins par votre bébé stimulera la glande mammaire et permettra à ceux-ci de s’adapter. Vous pouvez booster ce processus naturel en vous aidant d’un tire-lait manuel ou électrique (vous n’êtes pas obligée de l’acheter, certains se louent). Vous pourrez alors conserver votre lait pendant 24 heures au réfrigérateur, le congeler pour l’utiliser ultérieurement ou le donner dans un lactarium.
Les premières semaines, un nouveau-né consomme en moyenne 600 ml de lait maternel. Le nombre de tétées par jour oscillant entre 8 et 10, la quantité de lait absorbé lors de chaque tétée est de 60 à 80 ml. Sauf prescription médicale particulière, laissez votre enfant manifester sa faim et allaitez-le à « la demande ».
Ce n’est pas le fait d’allaiter qui peut abîmer votre poitrine mais plutôt l’augmentation de son volume. Aussi, dès la montée de lait, portez une attention toute particulière à vos seins :
Au bout de quelques mois d’allaitement, vos mamelons peuvent s’ « ombiliquer », c’est-à-dire se rétracter vers l’intérieur. Massez-les et pressez-les doucement afin de les faire ressortir.
À noter enfin que certaines femmes, après l’allaitement, gardent un peu plus de poitrine qu’avant leur grossesse. Une possibilité seulement… Vous verrez bien.
Enfin, fuyez le stress autant que possible et restez zen si l’allaitement ne se passe pas tout à fait comme vous le souhaiteriez. Celui-ci ralentirait en effet le processus de lactation et diminuerait la quantité de lait produit.