Le diabète n’empêche pas d’avoir un enfant… ni de l’allaiter. En revanche, il impose d’anticiper sa grossesse avec son médecin afin d’équilibrer préalablement sa glycémie et mettre en place une surveillance plus étroite de la maladie.
Pour un accouchement sans problème et un bébé en bonne santé.
Le diabète ne pose plus de problème pour avoir un enfant. En revanche, il implique d’anticiper sa grossesse suffisamment à l’avance pour bien équilibrer sa glycémie. Un objectif qui engendre une surveillance renforcée de l’équilibre glycémique, l’adoption d’une hygiène alimentaire appropriée et, presque toujours, une adaptation du traitement. Alors avant d’interrompre votre contraception, interrogez votre médecin sur la démarche à suivre et attendez son feu vert. Pour un accouchement serein et un bébé en bonne santé.
« Le pronostic de la grossesse est lié au degré de contrôle glycémique depuis la conception jusqu’à l'accouchement, et à la précocité et à la qualité de la prise en charge médicale pluridisciplinaire pendant toute la grossesse1» nous disent les experts. Ce qui signifie qu’à l’inverse, un diabète mal équilibré durant la grossesse présente un risque de malformation fœtale et de fausse-couche plus élevé que la moyenne. Sans parler des problèmes de fertilité qui handicapent la conception. Et ceux-ci de conclure : « la prise en charge et l'équilibre glycémique dès les périodes pré et péri-conceptionnelles représentent la seule manière efficace de prévenir ces complications, le risque de malformation étant ramené à celui de la population générale si l'équilibre glycémique est normalisé dès la conception 1 ». Rassurant et encourageant ! Il est donc fondamental d’aborder la grossesse avec un bon équilibre glycémique c’est-à-dire un résultat d’hémoglobine glyquée idéalement inférieur à 7 %.
Concernant les malformations osseuses du fœtus (spina bifida ou malformation de la colonne vertébrale), un complément d’acide folique (vitamine B9) peut d’emblée vous être prescrit, 3 mois avant la grossesse et durant les 3 premiers mois de celle-ci, comme c’est le cas également pour des femmes non diabétiques, en début de grossesse (période pendant laquelle les organes vitaux du bébé se développent).
Vous êtes diabétique de type 1. Il est indispensable de préparer votre grossesse 3 à 6 mois à l’avance afin d’équilibrer votre glycémie, et de mettre en place un suivi et une prise en charge adaptés. C’est pour cette raison que l’on entend souvent dire que la grossesse d’une femme diabétique dure 12 mois !
Vous êtes diabétique de type 2. Vous devez également anticiper votre grossesse et stopper votre traitement par antidiabétique oral dès que votre grossesse débute car aucun essai thérapeutique n’a, à ce jour en Europe, validé l’innocuité de ces molécules sur le fœtus. Un relais par insuline est alors instauré jusqu’à l’accouchement.
Dans le cas d’une grossesse « surprise », quel que soit votre diabète, consultez immédiatement votre médecin.
1 – SFD
L’objectif du traitement diabétique en vue d’une grossesse vise non seulement à garantir le meilleur équilibre glycémique sur le long terme mais également à limiter le plus possible les variations de la glycémie au quotidien :
Si vous êtes diabétique de type 1, votre médecin pourra vous proposer de substituer les classiques injections d’insuline (seringue et stylo) par une pompe à insuline, notamment en cas de difficulté à gérer les injections.
Quand on est diabétique, envisager une grossesse amène un jour à se poser la question de la transmission éventuelle de la maladie à son enfant. Au regard des études actuelles, il semble que, plus que la maladie en elle-même, c’est la prédisposition à la maladie qu’une mère peut transmettre à son enfant, risque d’autant plus important s’il s’agit d’un diabète de type 2 (voir rubrique « Diabète et hérédité »). Alors, faute de pouvoir agir sur l’hérédité, la future maman peut limiter les risques pour son enfant de développer un diabète en lui inculquant, dès son plus jeune âge, les bases d’une bonne hygiène de vie. Au menu ? Alimentation équilibrée et activité physique régulière bien sûr.
Petit boîtier (taille d’un téléphone portable) généralement porté à la ceinture, la pompe à insuline s’adresse notamment aux femmes enceintes car elle permet une surveillance accrue et un traitement personnalisé du diabète. Son principe ? Reproduire au mieux la sécrétion physiologique d’insuline du pancréas. Son secret ? La libération à intervalles réguliers de faibles quantités d’insuline basale en fonction de l’horloge interne propre à chacune, et la délivrance, au cas par cas, de quantités supplémentaires d’insuline rapide lorsque cela s’avère nécessaire (repas, activité physique, stress…). Les utilisatrices de pompe à insuline peuvent mener une vie vraiment très proche de la normale. Travail, école, courses, activités sportives, grasses matinées… La pompe à insuline permet de facilement varier les rythmes d’activité au cours de la journée.
Le port d’une pompe à insuline implique un prérequis: maîtriser parfaitement les règles de l’autosurveillance glycémique.
Parlez-en avec votre médecin.