Ma contraception

Le terme contraception englobe l’ensemble des moyens et des techniques permettant un rapport sexuel sans risque de grossesse. Elément clé dans la vie sexuelle de toute femme, la contraception prend toute sa dimension dans celle de la femme diabétique. La raison ? Une grossesse non planifiée est une grossesse à risque. Aussi privilégiera-t-on, en cas de diabète, une contraception alliant fiabilité et compatibilité avec la maladie. Et s’attachera-t-on également à respecter les règles de bon usage de ces traitements.

La contraception, indispensable chez la femme diabétique
Tous les moyens contraceptifs actuellement disponibles sont compatibles avec un diabète : cependant il faut nuancer en fonction des complications vasculaires, du tabac, du caractère nullipare (femme n’ayant jamais accouché) ou multipare (femme ayant accouché plusieurs fois), … Toutefois, comme la maladie impose d’anticiper une grossesse, le médecin privilégiera les moyens les plus efficaces et les plus fiables. Tout en tenant compte de la compatibilité entre leurs effets secondaires et votre état de santé pour éviter tout risque de complications médicales. Le choix du moyen contraceptif résulte d’un échange entre la demande de la femme, tenant compte de son style de vie, sa sexualité, sa tolérance gynécologique et les contraintes médicales (complications vasculaires et facteurs de risque). Il s’agit d’une démarche personnalisée qui doit être réévaluée et adaptée au cours du temps.

« La contraception de l’adolescente »

Les premières règles apparaissent le plus souvent entre 11 et 15 ans. Dès lors, une grossesse devient possible, même si la croissance de la jeune fille n’est pas terminée. Une contraception devra donc être envisagée dès le premier rapport sexuel. Celle-ci peut être obtenue auprès d’un gynécologue hospitalier ou libéral. Elle peut également être délivrée gratuitement dans les centres de Protection Maternelle et Infantile (PMI), sans autorisation parentale, même si l’adolescente est encore mineure.

Préservatif, le mieux placé contre les MST

Champion toute catégorie de la lutte contre les Maladies Sexuellement Transmissibles ou MST (SIDA, Hépatite B et C, Chlamydiae…) et autres infections génitales telles que les mycoses, le préservatif doit être correctement utilisé pour être efficace. C’est la raison pour laquelle on ne le préconisera pas comme moyen de contraception unique mais on l’associera à des spermicides, voire une pilule contraceptive.

« Le préservatif en 2 temps… 8 mouvements »

  • 1. Choisissez un préservatif garanti CE (Communauté Européenne) ou NF (Norme Française).
  • 2. Vérifiez que l’emballage est intact et que la date limite de péremption n’est pas dépassée.
  • 3. Ouvrez l’emballage par une extrémité, en vous aidant de l’encoche s’il y en a une. N’utilisez ni ongles, ni dents, ni paire de ciseaux, vous risqueriez d’endommager le préservatif. Sortez délicatement celui-ci de son emballage.
  • 4. Prenez le préservatif par son extrémité (le réservoir s’il y en a un), bourrelet vers l’extérieur, et pincez doucement cette partie afin d’en chasser l’air.
  • 5. Déroulez le préservatif aussi bas que possible sur la verge en érection. S’il ne se déroule pas bien, n’insistez pas. Mieux vaut le jeter et en prendre un autre.
  • 6. Enduisez le préservatif d’un lubrifiant adapté (n’utilisez surtout pas de vaseline ni autre corps gras qui dégradent le latex).
  • 7. Lors de l’éjaculation, maintenez le préservatif à la base de la verge et retirez-vous sans attendre la fin de l’érection afin d’éviter toute fuite de sperme.
  • 8. Ôtez le préservatif et jetez-le à la poubelle en le nouant préalablement.

Le préservatif féminin est basé sur le même principe que son homologue masculin. Bien qu’il rencontre peu de succès en France, il présente toutefois l’avantage non-négligeable de pouvoir pallier un refus de préservatif masculin.

En France, 7 grossesses non désirées sur 10 concernent des femmes… sous contraception ! Association Française pour la Contraception

Pilule contraceptive, une efficacité proche de 100 %

Les pilules contiennent des hormones féminines similaires à celles produites par les ovaires (œstrogène et progestérone). Leur dosage et leur association varient selon les types de pilule (oestro-progestative ou progestative pure). Leur but est d’empêcher la fécondation de l’ovule par le spermatozoïde et l’implantation de l’œuf obtenu dans l’utérus. Prises dans de bonnes conditions, leur efficacité est proche de 100 %, même pendant la période d’interruption. Leur action est réversible après 7 jours d’arrêt.
Contrairement aux idées reçues, la pilule ne fait pas grossir et ne modifie pas l’équilibre glycémique du diabète.

« Du bon usage de la pilule »

  • Prenez votre pilule à heure fixe (certaines pilules microdosées présentent un risque après seulement 3 heures de retard !). Privilégiez le matin plutôt que le soir où le moindre oubli dure au minimum jusqu’au lendemain matin.
  • Ne suspendez jamais la prise de votre pilule, même involontairement. En cas de vomissements ou de diarrhées dans les heures qui suivent la prise du comprimé, reprenez une pilule au cas où la première n’aurait pas eu le temps d’être assimilée. Si c’est la pilule qui vous rend nauséeuse, prenez-la au milieu d’un repas.
  • En cas d’oubli, prenez immédiatement le ou les comprimé(s) oublié(s) et prenez la pilule suivante à l’heure habituelle. Adoptez par précaution un moyen contraceptif complémentaire (préservatif, spermicide…) durant le reste du cycle. En cas d’oubli important avec rapport sexuel dans les 3 jours précédant l’oubli, envisagez une contraception d’urgence. Dans tous les cas, reportez-vous à la notice de votre pilule pour connaître la conduite à tenir en fonction de ses spécificités.

Si vous êtes diabétique de type 1 de moins de 30 ans et que vous ne présentez pas de complications diabétiques, on privilégiera plutôt une pilule oestro-progestative minidosée (nouvelle génération de pilules contenant une très faible quantité d’œstrogènes). Le plus souvent, cette contraception peut aussi être proposée pour les jeunes femmes ayant un antécédent de diabète gestationnel. Le tabagisme est une contre-indication, ainsi qu’un terrain à risque veineux ou métabolique (hypertriglycéridémie, hypertension artérielle).

Si vous êtes diabétique de type 2, c’est une pilule microdosée contenant des progestatifs qui sera peut-être indiquée, voire un autre mode de contraception (car les progestatifs microdosés peuvent être à l’origine d’inconfort gynécologique et de troubles du cycle).

Stérilet

Le stérilet, également appelé Dispositif Intra Utérin (DIU), peut être composé de cuivre ou associé à des hormones. Il est posé (et retiré) par un médecin et peut rester en place pour une durée de 5 à 10 ans. Son efficacité est proche de 100 % et reste réversible dès le retrait.
Le DIU par son efficacité et son innocuité au niveau du retentissement cardiovasculaire est la contraception de choix chez la femme diabétique multipare insulinodépendante ou non. Certaines équipes le proposent aussi chez la jeune femme nullipare qui présente des contre-indications à la pilule œstro-progestative minidosée.

Implant sous-cutané, encore peu utilisé

Relativement récent, l’implant est un petit bâtonnet cylindrique de 4 cm de long et 2 mm de diamètre qui est posé par le médecin sous la peau de la face interne du bras. Il délivre en continu de faibles doses d’un progestatif de synthèse (dit de 3e génération) : l’étonogestrel.
Mis en place pour 3 ans au maximum (son action est réversible au retrait), il est efficace à 100 % et peut convenir aux femmes présentant des contre-indications aux pilules oestro-progestatives.

Contraception d’urgence ? Un recours exceptionnel

Plus communément appelé pilule du lendemain, la contraception d’urgence intervient après un rapport que l’on considère à risque (oubli de pilule, rupture de préservatif, absence de contraception). Sans être sûre à 100 %, son efficacité est optimale dans les 24 premières heures qui suivent le rapport à risque. La pilule du lendemain peut toutefois être prise au plus tard dans les 72 heures suivant ce rapport.

Délivrée sans ordonnance, la pilule du lendemain est prise en charge par la Sécurité Sociale quand elle fait l’objet d’une prescription médicale. Pour les adolescentes, elle est gratuite et peut être obtenue anonymement dans les pharmacies, les PMI et auprès de l’infirmière scolaire1.

1 - Journal Officiel du 10/01/2002.