Le sport est un peu comme le diabète. Tout est question d’équilibre. Si le rythme hebdomadaire préconisé par le Plan National Nutrition Santé est de 30 minutes d’activité physique par jour, son intensité est quant à elle fixée par vos propres limites. Échauffement, surveillance du rythme cardiaque et de la glycémie, adaptation du traitement… Avec l’aide de votre médecin, définissez le cadre dans lequel vous pouvez évoluer et pratiquez votre sport préféré en toute tranquillité d’esprit. Pour faire de cette parenthèse santé un vrai moment de détente…
J’adapte mon traitement si je suis sous insuline
Selon le protocole établi en conséquence par votre médecin, adaptez à la fois doses d’insuline et sites d’injection à votre activité. Cela, au meilleur moment de la journée.
- 1. Je choisis le bon moment de la journée pour faire du sport
Mieux vaut éviter de faire du sport pendant les périodes où l’action de votre insuline est maximale (pic d’action). Généralement, elles se situent deux à quatre heures après l’injection pour une insuline ordinaire.
- 2. J’adapte mes doses d’insuline
Pratiquer un sport nécessite l’adaptation de la dose d’insuline rapide qui précède la séance sportive. Aussi, diminuez-la au moins
d’un tiers si l’exercice est d’intensité moyenne,
de la moitié si l’exercice est très intense.
- 3. Je choisis mon site d’injection
Un muscle actif accélère l’action de l’insuline. Aussi est-il préférable de ne pas piquer dans le bras si vous envisagez une partie de tennis ou dans la cuisse si vous vous préparez à une ballade en vélo. Le site d’injection qui mettra tout le monde d’accord quel que soit le sport : l’abdomen.
Parce qu’il y a un laps de temps important entre l’injection du déjeuner et la fin d’après-midi (donc peu avant le dîner), il est préférable de ne pas modifier votre dose d’insuline préalable. Compensez en prenant d’emblée une collation glucidique en début de séance selon votre glycémie et diminuez la dose d’insuline rapide du dîner (risque retardé d’hypoglycémie).
Je m’échauffe
Inutile - et même dangereux - de partir bille en tête dans une partie de tennis effrénée ou dans un sprint de course à pied. Comme toute « machine », notre corps a besoin de se lancer pour atteindre sans encombre son rythme optimal. Aussi est-il important de respecter les différents temps de l’exercice physique, dont l’échauffement.
Un échauffement est une série de mouvements préalables à toute activité sportive. L’échauffement de base est une course à petite allure alliant des déplacements variés (virage, demi-tour, zig-zag…), et se terminant par quelques étirements et assouplissements.
Pour être efficace, un échauffement doit être d’intensité progressive et durer au moins 5 minutes. Il ne doit pas vous fatiguer avant même le début de votre séance de sport, mais seulement « dérouiller » vos muscles et accélérer progressivement votre rythme cardiaque.
Je surveille mon rythme cardiaque
En raison du risque accru de complications cardiovasculaires, le cœur du sportif diabétique mérite toutes les attentions. Un test d’effort aura pu être prescrit préalablement à la reprise de votre activité physique, toutefois la surveillance de votre cœur ne doit pas s’arrêter là. Il est important que vous surveilliez votre rythme cardiaque pendant et après l’effort (capacité de récupération).
La fréquence cardiaque est déterminée par le nombre de battements par minute de votre cœur, et permet de calculer votre Fréquence Maximale Théorique (FMT). Celle-ci indique, au maximum de l’effort (pendant le sprint d’une séance de jogging par exemple), la fréquence cardiaque que votre cœur ne doit pas dépasser sous peine de générer plus de risques que de bénéfices. On recommande généralement de travailler entre 60 (parfois seulement 50) et 80 % de sa FMT1. Cette dernière est calculée en fonction de votre âge.
220 – votre âge = Votre FMT
Au repos ou pendant l’effort, il vous suffit de placer le bout de vos doigts sur l’artère qui passe à l’intérieur de votre poignet (artère radiale), dans le prolongement du pouce. Comptez alors vos pulsations pendant 15 secondes à l’aide de la trotteuse de votre montre ou de votre chronomètre, puis multipliez le chiffre obtenu par 4. Vous aurez alors le nombre de vos pulsations par minute.
Attention ! Si vous prenez le pouls de quelqu’un d’autre, utilisez vos index, majeur et annulaire, et non votre pouce. En effet, l’artère passant au niveau du pouce est tellement pulsatile que vous risqueriez de sentir vos propres battements cardiaques !
Je prends régulièrement des collations
Sous insuline, afin de prévenir une éventuelle hypoglycémie ou tout simplement pour garantir votre dynamisme jusqu’au bout de l’épreuve, prévoyez une collation dès lors que vous envisagez une activité prolongée. Prenez conseil auprès de votre diabétologue pour préciser le rythme des collations, sans attendre le fameux « coupe de pompe ».
Si l’exercice est impromptu (un set de tennis ou quelques longueurs non prévues chez des amis…), prenez une petite collation (15 à 30 grammes de glucides) en début d’activité, puis toutes les 30 à 45 minutes en cas d’effort prolongé.
Je bois régulièrement
N’attendez pas d’avoir soif pour vous réhydrater, car la sensation de soif se fait sentir alors que l’organisme a déjà besoin d’eau. Buvez d’emblée toutes les 30 minutes. Une hyperglycémie concomitante non repérée, possible pendant l’exercice d’une séance sportive, entraînerait une déshydratation qu’il est préférable de ne pas aggraver.
Je détecte précocement les signaux de l’hypoglycémie
Les signes de l’hypoglycémie sont moins facilement détectables pendant un effort physique qu’au calme dans son canapé. La fatigue, les palpitations, la transpiration peuvent tout autant être dues à l’effort que liées à la maladie. Au moindre signe ou dans le doute, n’hésitez pas à contrôler votre glycémie et à prendre une collation si nécessaire (barre aux céréales, briquette de jus de fruits, berlingot de lait concentré…).
Oui, tout sport bref et intense peut s’accompagner d’une élévation de la glycémie, pendant et 2 à 3 heures après l’effort : c’est l’hyperglycémie paradoxale. De même, le stress lié à la compétition peut faire monter la glycémie. Cette hyperglycémie est transitoire et il est déconseillé d’ajouter de l’insuline pour la corriger. Même si votre glycémie a augmenté au cours de l’exercice, le plus important pour vous est de garder à l’esprit qu’elle va rebaisser dans les heures qui suivent.
Et si tout cela ne suffit pas pour corriger l’hypoglycémie ?
Arrêtez immédiatement l’effort et resucrez-vous (voir rubrique « Je gère l’hypoglycémie »). Attention aux excès, il faut attendre l’effet du resucrage pour le renouveler si insuffisant… Puis recontrôlez votre glycémie régulièrement.
« L’expression la plus évidente du surentraînement s’accompagne d’une baisse de performance alors que l’entraînement est poursuivi, voire accru »2. Avant d’en arriver là, de multiples signes doivent vous alerter si, à un moment, le sport prend trop de place dans votre vie quotidienne. Car prendre soin de son corps c’est aussi tenir compte de ses limites. La bonne dose : ni trop, ni trop peu. Car comme dans le diabète, le sport est aussi une question d’équilibre.









