Que vous en ressentiez ou non les signes précurseurs, si votre glycémie est inférieure ou égale à 0,7g/l, votre organisme a besoin de sucre. Vous êtes alors en hypoglycémie et vous devez vous resucrer, sous peine d’évoluer vers une situation critique. Alors, même très affairée ou sur le point de passer à table, ne négligez jamais les symptômes de l’hypoglycémie. Et à l’inverse, ne les considérez pas non plus comme les uniques signaux d’alerte car parfois l’hypoglycémie peut s’avérer asymptomatique., d’où la nécessité de contrôles glycémiques plus fréquents en situation à risque ( sport, conduite en voiture ..).
Je connais les causes de l’hypoglycémie
La valeur généralement retenue pour parler d’hypoglycémie est 0,7 g/l. Chez certaines personnes, la valeur retenue peut être légèrement plus basse (femme enceinte) ou plus élevée (personnes âgées ou fragilisées). L’absence de traitement de l’hypoglycémie expose au risque de coma.
Les causes d’hypoglycémies sont diverses :
- Un apport insuffisant en glucides : en cas de mauvais ajustement entre la quantité de glucides consommée et le traitement – insuline ou cachets –
- Un repas annulé ou décalé alors que le traitement à risque hypoglycémiant est actif : les traitements actuels permettent parfois de contourner ce problème : en ne faisant pas l’insuline rapide ou en ne prenant pas le comprimé hypoglycémiant de type glinide par exemple si le repas n’est pas pris.
- Dans le cas des insulines rapides faites avant repas , l’excès de graisses dans celui-ci peut entrainer une hypoglycémie en fin de repas ou peu après ( parce que les graisses retardent la sortie des glucides de l’estomac alors que l’insuline agit déjà ! ) ; dans ce cas faire l’insuline en fin de repas
- Vomissements – alors que le traitement hypoglycémiant est en cours (attention ! les vomissements sont parfois un signe d’acido-cétose où l’alimentation n’a rien à voir et qui est une situation d’urgence (voir le chapitre « hyperglycémie »)
- Un effort physique trop soutenu sans ajustement anticipé du traitement – insuline ou comprimés hypoglycémiants- ou sans compensation alimentaire par des glucides
- Un stress ou une émotion forte peuvent aussi conduire à une hypoglycémie même si le plus souvent ils engendrent plutôt une hyperglycémie
- Une prise d’alcool à jeun
- Une erreur de traitement (surdosage)
- Une interaction avec d’autres médicaments
Je détecte précocement les signes d’alerte
Les symptômes de l’hypoglycémie peuvent passer inaperçus et si on laisse cette situation se reproduire fréquemment, le risque est de perdre véritablement la sensation d’hypoglycémie et de s’exposer davantage à des situations dangereuses.
Ces symptômes passent d’autant plus inaperçus qu’on n’a pas pour habitude de « se resucrer » à temps : Pour cette raison, il faut se resucrer sans tarder dès les premiers signes Il est important aussi d’augmenter le nombre de contrôles glycémiques dans les situations à risque( sports ; vélo ; conduite de véhicule etc.), et ceci d’autant plus qu’on ne perçoit plus très bien les signes …
Les symptômes peuvent varier d’une personne à l’autre , mais sont assez constants pour une même personne ( vous pourrez donc facilement les identifier)
Dans certains cas où les signes passent inaperçus , c’est votre entourage qui pourra le remarquer ( pâleur soudaine, changement de comportement- agressivité, ralentissement des gestes ou de la parole -)
Les symptômes les plus courants sont :.
- Tremblement
- Transpiration
- Sensation brutale de fringale
- Fatigue soudaine, sensation de jambes coupées, de « coup de pompe »
- Accélération du rythme cardiaque
- pâleur
- Difficulté à s’exprimer, troubles de la vue (floue, double), sensation d’ivresse
- Irritabilité, impatience, angoisse
- Difficultés de concentration, confusion, vertige, somnolence
- Maux de tête
- Sensation de froid
La plupart du temps, l’hypoglycémie réveille. Dans le cas contraire, le sommeil devient agité (cauchemars) et on se réveille la nuit ou au matin avec des draps trempés de sueur. Quelquefois, ces signes sont encore atténués et un simple mal de tête persiste au matin, parfois accompagné d’une hyperglycémie que l’on ne s’explique pas (si cette situation se répète, parlez en à votre médecin qui vous aidera à en identifier la cause – traitements excessifs, ou erreurs alimentaires , ou sport prolongé la veille etc.).
Si votre glycémie au coucher est inférieure à 1,1 g/l en moyenne, une collation avant de s’endormir peut éviter une hypoglycémie nocturne (là aussi , si la situation se répète , étudier avec votre médecin comment y remédier).
Premiers gestes : l’interruption d’activité
Quelle que soit votre activité en cours il faut l’interrompre sans tarder (si vous êtes au volant, garez-vous. Si vous faites du sport, interrompez votre séance et asseyez-vous.) pour vous « resucrer ».
La bonne dose ? 5 grammes de sucre pour 20 kilos de poids corporel, soit environ 3 sucres pour un adulte de corpulence moyenne. Ensuite, adoptez l’attitude qui correspond à votre traitement.
Chez un adulte, 15 grammes de sucre font remonter la glycémie de 0,5 g/l en 20 à 30 minutes. Passé ce délai, si la glycémie est toujours en dessous de 0,7 g/l, un nouveau resucrage de 15 grammes de sucre devra être effectué.15 grammes de sucre, c’est
- 3 morceaux de sucre (de préférence dilués dans l’eau pour une vidange gastrique plus rapide),
- 3 bonbons mous (type fraise « Tagada »),
- 1 verre de jus de fruit ou de soda (pas « light » bien entendu),
- 1 mini berlingot de lait concentré sucré,
- 1 cuillère à soupe de miel ou de confiture,
Je suis sous insuline
Resucrez-vous en prenant l’équivalent de 15 grammes de sucre. Vérifiez votre glycémie après 15 minutes et prenez une collation si nécessaire. Dans le doute ou en l’absence d’outil de mesure, faites un « resucrage »
Si cette hypoglycémie se produit juste avant un repas, ne cédez pas à l’idée de passez immédiatement à table, sans vous être « resucré » d’abord.
L'expérience montre que ce n'est pas une bonne pratique: en effet, il va falloir un certain temps avant que le contenu du repas quitte votre estomac et soit donc susceptible de remonter votre glycémie, celle-ci peut même encore descendre et une hypoglycémie en cours de repas est très difficile à corriger (voir les remarques sur le chapitre Indice glycémique) ; par ailleurs le « rebond hyperglycémique » est souvent plus important. Pour toutes ces raisons, il est préférable de «se resucrer» d'abord et de passer tranquillement à table ensuite (les résultats et le confort sont incomparables).
Ne supprimez pas pour autant votre injection d’insuline rapide mais décalez-la plutôt à la fin du repas.
Dans certains cas (prochain repas éloigné, conduite automobile…), le resucrage classique peut s’avérer insuffisant. Il peut être nécessaire de le faire suivre d’une collation glucidique.
- une barre de céréales
- 3biscottes
- 2 compotes sans sucre ajouté (ou 1 compote sucrée)
- 1 fruit moyen (banane comprise)
Une trop grande fréquence d’hypoglycémies est anormale et peut correspondre à des erreurs de pratique : En cas d’hypoglycémies répétées dans une journée ou répétées toujours au même moment d’une journée , consultez votre médecin pour en étudier la cause et y remédier
Des hypoglycémies fréquentes dans le diabète de type 2 ( sous comprimés et même sous insuline)correspondent à des erreurs de gestion faciles à identifier : cette situation ne devrait pas perdurer après adaptation du traitement par votre médecin.
Par contre le contexte du traitement fait que les hypoglycémies peuvent être plus fréquentes dans le diabète de type 1.
Je ne suis pas sous insuline
Seuls certains comprimés exposent aux hypoglycémies : ce sont les Sulfamides et les Glinides.
Les conseils pour le resucrage et l’identification des causes afin de les supprimer sont les mêmes que pour le traitement à l’insuline
Je fais un malaise, que doit faire mon entourage ?
Ce conseil ne concerne que les patients traités par insuline
Si vous êtes sous insuline et si vous faites un malaise ne vous permettant pas de vous resucrer ( déglutition impossible) ou parce que vous avez perdu conscience, votre entourage doit intervenir en pratiquant une injection de glucagon. Cette hormone hyperglycémiante va alors élever le taux de sucre dans votre sang et ainsi corriger votre état.
Injecté par voie sous-cutanée comme l’insuline ou en intramusculaire (quart supéro-externe de la fesse), le glucagon doit intervenir si vous ne pouvez pas prendre de sucre par voie orale, lors d’une perte de connaissance par exemple, ou si vous risquez d’avaler de travers (fausse-route). Après injection d’une ampoule (une demie pour les enfants), il faut 5 à 10 minutes pour reprendre complètement connaissance. Effectuez alors un resucrage avec 15 grammes de sucres (comme vous l’auriez fait en première intention), et surveillez votre glycémie. En cas d’inefficacité du glucagon après 10 minutes, il faut appeler les secours et pratiquer en attendant une deuxième injection de glucagon.
À la maison, conservez votre glucagon dans le bas de votre réfrigérateur. Il sera prescrit par votre médecin si vous risquez d’en avoir besoin, c'est-à-dire pour tous les diabétiques type 1 et pour un certain nombre de patients type 2 insulinotraités. Il est indispensable de vérifier sa date de péremption régulièrement et de s’assurer qu’une personne de l’entourage soit formée à l’injection.
Je limite le nombre d’hypoglycémies
Outre les risques de traumatismes liés aux circonstances dans lesquelles elle survient (conduite, baignade, position en hauteur…), l’hypoglycémie peut engendrer des crises d’épilepsie, convulsions chez l’enfant.
Par ailleurs, comme cela a déjà été dit , les hypoglycémies à répétition peuvent conduire, à terme, à une moindre perception des symptômes. Ceux-ci ne se ressentent plus ou se ressentent à des valeurs de plus en plus basses (0,3 g/l parfois !), engendrant à un moment donné des hypoglycémies sévères.
Pour ressentir alors de nouveau les signes normaux de l’hypoglycémie, il sera nécessaire de laisser remonter la glycémie pendant quelques semaines au-delà des objectifs habituels (pour cette étape, votre diabétologue pourra vous guider pour fixer les objectifs glycémiques adaptés), tout en multipliant les contrôles glycémiques pour un resucrage à temps.
- Éviter les situations et les pratiques à risque (repas trop gras avec insuline rapide en début de repas, prise d’alcool à jeun ou en excès lors d’un repas , activité physique prévue ou non mal gérée …).
- Assurez vous de bien connaître la gestion de l’adaptation des doses d’insuline en diverses circonstances ( repas, activité, correction d’hyperglycémies ..)
- Vérifiez votre glycémie avant un long parcours en voiture et lors de toute situation où la survenue d’une hypoglycémie serait à risque : baignade ou autre activité sportive par exemple.
- Variez les sites d’injection afin d’éviter les lipodystrophies (voir lexique).
- Sous insuline semi-lente, en cas de décalage horaire du repas , prenez un acompte glucidique à l’heure habituelle sans changer l’heure de l’injection
Dans tous les cas, il est essentiel de rechercher la cause d’une hypoglycémie afin d’éviter qu’elle ne se reproduise








