Allaiter, un retour à l’équilibre
Pour la maman. L’allaitement contribue au retour à la normal de la glycémie de la jeune maman (besoin réduit en insuline), ainsi qu’à sa tolérance au glucose en cas de diabète gestationnel. Par ailleurs, la succion des seins entraînant de manière réflexe des contractions de l’utérus, l’allaitement contribue à éviter le risque d’hémorragie qui suit l’accouchement et permet à l’utérus un retour plus rapide à sa taille initiale.
Pour le bébé. Il semblerait que les enfants nourris au sein soient moins exposés au risque de développer ultérieurement un diabète de type 1, comme de type 21.
Le lait maternel : un aliment parfait…
La nature fait bien les choses. C’est pour cette raison que le lait maternel est indéniablement le meilleur des aliments pour bébé. Il comprend en effet un mélange nutritionnel parfaitement adapté à ses besoins quotidiens et à son développement.
- 85 % d’eau
- Des protéines
- Des glucides (dont le lactose favorisant une bonne flore intestinale)
- Des lipides (acides gras essentiels)
- Des sels minéraux (calcium, magnésium, phosphore…)
- Des oligoéléments (fer, zinc…)
- Des vitamines (A, B, C, D et E)
- Des anticorps (notamment contre les germes intestinaux et certains virus)
Toutefois, si vous ne souhaitez pas allaiter, sachez que les laits maternisés sont aujourd’hui d’une composition très similaire au lait maternel et couvrent également tous les besoins nutritionnels quotidiens du jeune enfant.
… Et évolutif
La composition du lait maternel n’est pas figée dans le temps. Elle évolue pour s’adapter aux spécificités de la croissance de l’enfant.
- Du 1er au 5e jour de vie : c’est le colostrum, particulièrement riche en anticorps, aidant notamment à évacuer le méconium présent dans le tube digestif du nouveau-né (amalgame de matières accumulées pendant le développement intra-utérin).
- Du 6e au 14e jour : c’est le lait de transition.
- À partir du 15e jour : c’est le lait mature qui évoluera peu par la suite.
Si vous ne souhaitez pas allaiter sur le long terme, une mise au sein pendant les 4 ou 5 premiers jours, voire uniquement en salle d’accouchement, représente déjà un intérêt non négligeable pour votre enfant.
Si vous ne souhaitez pas allaiter du tout, parlez-en avec votre médecin peu avant l’accouchement afin qu’il vous prescrive un traitement adapté.
Comment gérer l’allaitement
1. Adaptez votre alimentation. D’une manière générale et comme pendant votre grossesse, la règle d’or d’une bonne alimentation repose là aussi sur l’équilibre et la variété (voir rubrique « Une alimentation saine et équilibrée »). Donc, rien à changer radicalement. Adaptez seulement en conséquence votre apport calorique quotidien.
La diététicienne pourra vous conseiller pour majorer si besoin votre apport journalier par rapport à celui de fin de grossesse.
Privilégiez les glucides à faible indice glycémique (voir rubrique « Une alimentation saine et équilibrée »).
Veillez à un apport suffisant en calcium (pour préserver votre capital osseux), en fer (pour récupérer de la perte de sang engendrée par l’accouchement) et en vitamines (pour reprendre des forces).
Buvez de l’eau (au moins 2 litres par jour, davantage s’il fait chaud), de préférence peu minéralisée.
- Les objectifs glycémiques sont moins stricts d’autant plus qu’il existe un risque hypoglycémique augmenté. En effet, la production de lait est très « énergivore » et peut engendrer, les premiers mois, des hypoglycémies chez la jeune maman. Une tendance qui peut totalement s’inverser après adaptation de l’organisme. Alimentez-vous en conséquence et adaptez votre insuline (celle-ci ne sera arrêtée qu’après l’allaitement chez les patientes de type 2 car l’emploi des hypoglycémiants oraux est contre-indiquée) pendant l’allaitement.
- Nourrissez votre enfant à intervalles réguliers et suffisamment rapprochés pour éviter également chez lui une hypoglycémie.
2. Gérez la montée de lait. Votre poitrine va subir des modifications rapides et visibles : c’est la montée de lait.
- Vos seins vont augmenter de volume.
- Les canaux galactophores (amenant le lait vers le mamelon) vont se multiplier.
- Le réseau sanguin va s’intensifier (les veines superficielles de vos seins vont être plus visibles).
- Le mamelon va s’élargir et sa couleur va s’accentuer. Les pores de la peau vont former de petites saillies facilitant la sortie du lait.
La montée de lait est progressive. Au début, vous donnerez probablement peu de lait, mais la succion de vos seins par votre bébé stimulera la glande mammaire et permettra à ceux-ci de s’adapter. Vous pouvez booster ce processus naturel en vous aidant d’un tire-lait manuel ou électrique (vous n’êtes pas obligée de l’acheter, certains se louent). Vous pourrez alors conserver votre lait pendant 24 heures au réfrigérateur, le congeler pour l’utiliser ultérieurement ou le donner dans un lactarium.
- Vous pouvez allaiter votre bébé en position assise ou couchée (bien pratique pour les tétées nocturnes). Toutefois, respectez quelques principes de base pour faciliter votre allaitement.
- Amenez votre bébé contre votre sein et non l’inverse (attention à votre dos, une tétée peut durer jusqu’à 45 minutes voire plus le premier mois).
- Calez bien la tête de bébé au niveau de votre mamelon afin de ne pas fatiguer son cou (vous pouvez vous aider d’un coussin en position assise pour éviter de le porter).
- Proposez alternativement un sein puis l’autre.
- Positionnez la bouche de bébé autour du mamelon. L’aréole doit être en majeure partie, voire en totalité dans sa bouche.
- Les joues de votre bébé doivent se creuser au moment de l’aspiration (sensation de ventouse).
Les premières semaines, un nouveau-né consomme en moyenne 600 ml de lait maternel. Le nombre de tétées par jour oscillant entre 8 et 10, la quantité de lait absorbé lors de chaque tétée est de 60 à 80 ml. Sauf prescription médicale particulière, laissez votre enfant manifester sa faim et allaitez-le à « la demande ».
3. Prenez soin de vos seins. Ce n’est pas le fait d’allaiter qui peut abîmer votre poitrine mais plutôt l’augmentation de son volume. Aussi, dès la montée de lait, portez une attention toute particulière à vos seins.
- Portez un soutien-gorge de taille adaptée et fait pour l’allaitement (bretelles larges soulageant votre dos, bonnets ne comprimant pas les seins).
- Hydratez quotidiennement voire pluriquotidiennement vos seins, et massez-les doucement du bas vers le haut.
- Conservez des mamelons secs en permanence (essuyez-les bien après et entre chaque tétée, ainsi qu’après votre toilette).
- Terminez votre douche par un jet d’eau fraîche raffermissant les tissus cutanés.
- Si vos seins laissent échapper un peu de lait entre les tétées, nettoyez-les doucement à l’aide d’une compresse humidifiée et portez des protections adaptées (coussinet) dans votre soutien-gorge que vous pourrez facilement changer au cours de la journée.
- Si vos seins deviennent douloureux, utilisez des coques en silicone pour allaiter, permettant ainsi d’éviter le contact direct de la succion.
Au bout de quelques mois d’allaitement, vos mamelons peuvent s’ « ombiliquer », c’est-à-dire se rétracter vers l’intérieur. Massez-les et pressez-les doucement afin de les faire ressortir.
À noter enfin que certaines femmes, après l’allaitement, gardent un peu plus de poitrine qu’avant leur grossesse. Une possibilité seulement… Vous verrez bien.
4. Évincez tous les toxiques.
- Alcool
- Nicotine
- Caféine
- Pesticides (épluchez vos fruits et légumes)
- Certains médicaments (demandez toujours conseil à votre médecin ou votre pharmacien avant de prendre un médicament)
Enfin, fuyez le stress autant que possible et restez zen si l’allaitement ne se passe pas tout à fait comme vous le souhaiteriez. Celui-ci ralentirait en effet le processus de lactation et diminuerait la quantité de lait produit.
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