Le travail
En plus de la surveillance classique de salle de travail (fréquence cardiaque, tension artérielle…), votre glycémie est mesurée toutes les heures afin d’ajuster au mieux vos doses d’insuline et tendre vers une glycémie stable (1g/l). Certaines maternités acceptent que l’on garde sa pompe à insuline avec soi, d’autres préfèrent administrer l’insuline par voie intraveineuse (perfusion), en compagnie de la traditionnelle solution glucosée.
Un monitoring est également mis en place afin de contrôler simultanément fréquence cardiaque de l’enfant et contractions de la future maman.
À noter que les mesures habituelles permettant de déclencher et d’accélérer le travail (pommade dilatant le col, médicament accélérant les contractions…) sont possibles chez la femme diabétique, tout comme - bonne nouvelle - la péridurale.
L’accouchement
L’accouchement par voie basse est toujours privilégié et l’orientation vers la césarienne ne s’envisage qu’en cas de macrosomie (bébé de 4 kilos et plus) rendant plus compliqué et plus risqué un accouchement classique. En cas d’échec du déclenchement par voie basse (les contractions sont parfois rebelles aux médicaments qui sont sensés les accélérer), le recours à une césarienne devra être envisagé.
À la délivrance (éjection du placenta intervenant 15 à 20 minutes après la naissance de l’enfant), les besoins en insuline de la maman chutent brutalement (30 % voire davantage). La surveillance glycémique est alors intensifiée afin d'adapter les doses d'insuline et prévenir tout risque d'hypoglycémie. Pour les patients avec diabète gestationnel, l'insuline peut être interrompue le jour de l'accouchement mais la surveillance glycémique poursuivie pendant quelques jours pour vérifier le retour à la normale
Les soins du nouveau-né
Votre bébé est accueilli à sa naissance par un pédiatre, présent dans la salle d’accouchement. Auscultation du cœur et des poumons, premiers soins, premiers tests… Et bien sûr, première glycémie (par piqûre sur le côté du talon). Le risque d’hypoglycémie est en effet plus important chez le nouveau-né de mère diabétique. Durant la grossesse, la sécrétion d'insuline du foetus est calquée sur la glycémie de la maman. Si cette dernière était souvent en hyperglycémie, le pancréas du bébé est habitué à sécréter de l’insuline. Une sécrétion qui ne s’arrête pas aussi rapidement que la coupure du cordon ombilical.Cette hypoglycémie peut être précoce et persister jusqu'à 7 jours et sera dépistée par une sruveillance régulière étroite des glycémies capillaires. La mise au sein ou au biberon doit être rapide et régulière.
- Si la glycémie du bébé est trop basse (en moyenne, pour un nouveau-né à terme on considère qu'il y a hypoglycémie en dessous de 0,4 g/l), celui-ci sera resucré avec du lait maternisé et/ou une solution sucrée adaptée. À renouveler autant de fois que nécessaire. Si l’hyperglycémie persiste malgré ces mesures correctives ou si l’enfant refuse de boire, un transfert en service pédiatrique spécialisé (néonatologie) sera envisagé.
- Si la glycémie est correcte à la naissance, l’enfant pourra rester à la maternité au côté de sa maman. Un contrôle glycémique régulier durant les premiers jours de vie sera toutefois effectué. Son alimentation sera par ailleurs répartie entre 8 à 10 tétées par jour, au sein comme au biberon.
La sortie de la maternité
Au bout de quelques jours, une sortie de la maternité est prescrite par le médecin. Si vous allaitez, votre médecin décidera de la conduite à tenir concernant votre traitement.
Une contraception efficace vous sera par ailleurs prescrite dès la sortie de la maternité, même si vous allaitez (l’allaitement n’empêche pas de redémarrer une nouvelle grossesse).
Pour le diabète gestationnel, une hyperglycémie provoquée sera pratiquée, 3 à 6 mois après l’accouchement et l’allaitement et avant la reprise d’une éventuelle pilule oestro-progestative, afin d’évaluer votre tolérance au glucose, voire l’existence d’un éventuel diabète. Une surveillance régulière de votre tolérance au glucose sera par la suite à poursuivre, parlez-en à votre médecin.
C’est dur de voir partir son enfant en service spécialisé. Heureusement, l’équipe médicale est là pour nous soutenir.









