Psycho
Tant à l’annonce du diagnostic qu’au quotidien, le diabète n’est pas facile à accepter. Afin d’y arriver, il est nécessaire – et normal – de passer par différents stades préalables.
L’annonce du diagnostic
Le diabète vient d’entrer dans votre vie. Incompréhension, sentiment d’injustice, colère, anxiété… Ces sentiments qui vous animent reflètent, sans que vous le sachiez, un processus normal d’autorégulation psychique nécessaire à tout individu pour accepter une maladie. C’est le processus d’intégration. À la fois étrange et naturel, celui-ci est séquencé en quatre phases, d’une durée variable et propre à chacun. L’objectif ? Faire le deuil d’un état antérieur pour accepter une vie nouvelle. Avec le diabète. Une étape indispensable pour construire une alliance positive avec le médecin et, in fine, vous permettre de continuer à vivre pleinement votre vie.

Phase 1 : le refus. « Tout va très bien »
Pour vous, il n’y a aucune différence entre l’avant et l’après diagnostic et vous ne voyez pas en quoi - ni pourquoi - la maladie changerait votre vie. En un mot, vous faites comme si de rien n’était et vous gardez la maladie à distance. On parle souvent « d’incrédulité ».
  • Vous ne considérez pas le diabète comme une maladie sérieuse.
  • Vous n’y pensez pas et ne prenez pas le temps d’y réfléchir.
  • Vous n’en parlez pas, même à votre entourage proche.
  • Vous ne changez rien à votre mode de vie.
  • Vous oubliez ou annulez vos consultations, parce que vous êtres « trop occupée »…

Phase 2 : la révolte. « Pourquoi moi ? »
C’est le moment de la confrontation avec une réalité qui vous est désagréable. Vous n’avez rien fait pour « mériter çà » et vous en voulez à la terre entière.
  • Vous vous sentez victime d’une injustice.
  • Vous éprouvez de la rancune.
  • Vous vous positionnez dans un rapport de force avec la maladie…
Contrairement aux apparences, la révolte est une étape salutaire car elle représente une forme d’exutoire permettant à toute la violence intérieure que vous ressentez de pouvoir s’exprimer et vous libérer.

Phase 3 : la déprime. « Je n’y arriverai jamais »

Vous ressentez le poids de la maladie sur vos épaules et vous vous sentez profondément triste. Vous avez l’impression que vous n’allez plus réussir à vivre normalement.

  • Vous êtes triste et/ou nerveuse.
  • Vous manquez d’élan et vous sentez fatiguée.
  • Vous délaissez les activités qui d’habitude vous passionnent.
  • Votre appétit est modifié : vous mangez plus ou au contraire beaucoup moins.
  • Votre sommeil est modifié : vous dormez moins ou au contraire davantage.
  • Vous vous sentez coupable et/ou inutile.
  • Vous manquez de confiance en vous.
  • Vous avez du mal à vous concentrer et vous vous sentez débordée, même pour un rien.
  • Vous vous mettez en retrait de la vie sociale…
Cette phase de déprime qu’on appelle communément « cafard » ou « coup de blues », la plus pesante en somme de tout le processus, est une forme de nostalgie vis-à-vis de votre vie passée. Vous réalisez progressivement ce qui vous arrive et cela vous pèse. Pourtant, cette phase de déprime présente, elle aussi, un intérêt : elle permet de « sédimenter » cette nouvelle condition dans votre for intérieur et ainsi d’amorcer le travail de deuil (issu des travaux de Freud, le deuil est un concept applicable à toute forme de perte). C’est un peu la cicatrisation après une blessure.

Contrairement aux idées reçues, la déprime – à ne pas confondre avec la dépression (voir rubrique  « Diabète et complications psychiques »), ne nécessite pas de traitement médicamenteux car celui-ci risquerait de court-circuiter le cycle naturel de l’intégration psychique de la maladie.


Phase 4 : l’acceptation. « Continuer à vivre… Avec le diabète »
C’est la phase finale du processus d’intégration. C’est le calme après la tempête, là où vous vous sentez prête à reprendre le cours normal de votre vie avec cette nouvelle composante qu’est la maladie. Cette phase d’acceptation n’est pas linéaire et peut être plus ou moins teintée de stress. Çà et là. Stress qui, lui aussi, est une composante normale de notre vie psychique, au même titre que la joie ou la tristesse, et représente un des mécanismes d’adaptation à notre environnement.
 
« Le top 10 des facteurs de stress »

Conçue en 1967 pour évaluer l’impact du stress sur l’être humain, l'échelle Holmes-Rahe  permet également de classer les 10 situations de vie jugées les plus stressantes sur plus d’une quarantaine recensée.

  • 1. Décès du conjoint
  • 2. Divorce
  • 3. Séparation
  • 4. Séjour en prison
  • 5. Décès d’un parent proche
  • 6. Maladie ou blessure personnelle
  • 7. Mariage
  • 8. Perte d’emploi
  • 9. Réconciliation avec le conjoint
  • 10. Retraite

Entrer dans la maladie, c’est faire le deuil de sa vie d’avant.
Rose, 34 ans.