Gynéco
Le suivi gynécologique d’une femme fait partie intégrante de sa santé.
Le temps de la ménopause
Pour l’ensemble des femmes, la ménopause représente un cap physiologique et psychologique important. Bouffées de chaleur, insomnies, prise de poids, altération de l’image de soi… Cette période n’est pas facile à vivre et représente également un terrain de fragilité physiologique à prendre en compte dans le suivi de la femme diabétique.


Un grand bouleversement hormonal

Arrivant bien souvent avec la cinquantaine, la ménopause se caractérise par l’arrêt définitif de la sécrétion hormonale des ovaires (œstrogène et progestérone), donc des règles. Elle peut être précédée pendant quelques années d’une période de grande irrégularité des cycles associée à la présence plus ou moins marquée de certains symptômes caractéristiques : la pré-ménopause.
  • Bouffées de chaleur (dont le fameux « flush », violente sensation de chaleur montant au visage plus ou moins associée à des rougeurs).
  • Maux de tête.
  • Troubles du sommeil et sueurs nocturnes.
  • Sécheresse vaginale.
  • Baisse du désir sexuel.
  • Vieillissement des tissus cutanés.
  • Troubles de l’humeur (irritabilité, anxiété, émotivité, déprime…).
  • Fatigue.

NB : L’ostéoporose n’est pas un symptôme de la ménopause mais peut être recherchée à cette période physiologique à risque par la réalisation d’une densitométrie (la densitométrie / l’ostéodensitométrie reflète la solidité des os en étudiant la masse de calcium qui est contenue dans les os). Chez les patientes ménopausées diabétiques de type 1, la mesure de la densité osseuse peut être parfois légèrement abaissée et le risque de fracture osseuse (humérus, fémur) apparaît majoré par rapport à la population générale. Pour les patientes diabétiques de type 2, la densitométrie est le plus souvent normale.

En raison de l’association des facteurs de risque cardiovasculaires à la fois liés au diabète mais également à la ménopause, une surveillance médicale étroite et adaptée est recommandée par le corps médical (1).
 

Un cap psychologique
 
De par les nombreux changements qu’elle engendre, la ménopause est une période de crise psychique que chaque femme vit à sa manière.

Elle représente une phase de passage d’un état à un autre qui nécessite un processus d’intégration psychique (voir rubrique « L’annonce du diagnostic »). En un mot, la ménopause nécessite d’être acceptée pour être bien vécue.
Un terrain de fragilité organique
 
La ménopause est également un grand moment de fragilité physiologique.
  • Prise de poids possible (faire attention à la sédentarité), notamment au niveau abdominal, pouvant déclencher ou accentuer un diabète de type 2.
  • Exposition accrue aux maladies cardiovasculaires notamment dans les années suivant la ménopause.
Une bonne hygiène de vie (notamment sans tabac), une alimentation saine et équilibrée éventuellement supplémentée en calcium et en vitamine D, ainsi que la pratique d’une activité physique régulière s’avèrent donc d’autant plus indispensables pendant la ménopause de la femme diabétique.
 
« Un yaourt, c’est autant de calcium que… »
  • 1 pincée d’emmental
  • 1 part de camembert
  • 1 ramequin de fromage blanc
  • 1 verre de lait
  • 1 cuillerée à soupe de lait en poudre
Source : AFD

Les Traitements Hormonaux Substitutifs
 
Le traitement des symptômes de la ménopause repose essentiellement sur le Traitement Hormonal Substitutif (THS). Ce dernier ne présente aucune contre-indication spécifique liée au diabète dès lors que celui-ci ne présente à son tour aucune complication notamment cardiovasculaire.
Le THS doit toujours faire l’objet d’une évaluation. Il n’y a pas d’étude spécifique dédiée à la femme diabétique. La décision est prise en fonction des données de l’examen gynécologique (endomètre et sein), des complications du diabète, de la densitométrie, et des autres facteurs de risque cardiovasculaires. Les symptômes de carence en œstrogènes sont un élément clé de la décision ? La demande de la patiente est à la base de la proposition de traitement et son risque cardiovasculaire est l’élément majeur décisionnel. Discutez-en avec votre médecin qui vous proposera des options de traitements adaptés en fonction de vos éventuels facteurs de risque, notamment cardiovasculaires (obésité, HTA, tabac, lipides).

Le principe du THS est de remplacer les hormones que vos ovaires ne synthétisent plus par des hormones de substitution (oestrogènes naturels tout au long du cycle et progestérone ou dérivé progestatif en seconde moitié de cycle).

Chez les femmes diabétiques, on peut utiliser les œstrogènes par voie percutanée qui n’engendrent pas de conséquences métaboliques, auxquels on associera un progestatif spécifique sous forme de comprimé.
  • Gel à appliquer quotidiennement sur le corps.
  • Patch ou timbre cutané à changer 1 à 2 fois par semaine.
Le choix d’une forme ou d’une autre n’est pas définitif et il vous est possible de le modifier si vous le souhaitez.
Chaque femme réagit différemment à un THS, aussi bien en termes d’efficacité que de tolérance. De nombreux protocoles existent aussi, si les résultats obtenus ne sont pas ceux que vous espériez, n’hésitez pas à retourner voir votre médecin afin qu’il procède aux réajustements nécessaires. La persistance des bouffées de chaleur témoigne par exemple d’un sous-dosage en estrogènes alors qu’une tension mammaire évoque au contraire un surdosage.

La surveillance du THS est identique à celle que toute femme de 50 ans devrait pratiquer dans le cadre de son suivi gynécologique (frottis de dépistage, mammographie, examen gynécologique, analyse sanguine). Parfois, une ostéodensitométrie (qui est un une méthode de dépistage de l’ostéoporose) peut venir compléter la surveillance.

Le traitement par THS est habituellement donné pour une durée limitée de l’ordre de 2 à 3 ans.

 

« THS et cancer du sein : que doit-on penser ? »

Après une période de flottement, les études scientifiques actuelles tendent de nouveau à confirmer l’innocuité des THS sur le risque de cancer du sein. Quoi qu’il en soit, le recours à ce type de traitement relève de votre décision personnelle. En un mot, parlez-en avec votre médecin qui saura vous guider dans votre choix.
 

1 - European Association for Study of Diabetes. Septembre 2005.

Je n’attends pas que les troubles liés à la ménopause me rendent la vie impossible. J’en parle sans attendre à mon médecin.
Mireille, 52 ans.