Suivi systématique et régulier
Le diabétologue. Pierre angulaire du suivi et de la gestion globale de la maladie, le diabétologue doit être consulté régulièrement s’il est votre médecin de référence, ou au minimum une fois par an en cas de traitement par insuline et de suivi de la maladie par votre médecin de famille. Quoi qu’il en soit, il est recommandé de consulter un médecin tous les trois mois minimum (voir rubrique « Ma visite chez le médecin »).
L’ophtalmologiste. Le diabète expose à un risque accru de lésions oculaires, dont la rétinopathie - atteinte la plus fréquente -, la cataracte et le glaucome. Le point commun ? Aucun signe ni douleur ne sont ressentis par le patient avant un stade avancé de la maladie. En pratique, un fond d’œil doit être réalisé au moins une fois par an pour permettre une détection précoce de ces lésions et écarter toute évolution vers la cécité (voir rubrique « Prévenir les complications oculaires du diabète »).
Le cardiologue. En plus d’être particulièrement fréquentes, les complications cardiovasculaires du diabète peuvent être gravissimes voire mortelles (près de 75 % des décès de malades diabétiques sont dues à des complications cardiovasculaires contre 30 % dans la population générale). Une visite régulière chez un cardiologue visera à détecter et traiter, encore plus précocement que dans la population générale, certaines maladies fréquentes chez les diabétiques et en particulier de type 2 comme l’hypertension artérielle ou HTA (l’hypertension associée au diabète multiplie par deux le risque de complications cardiovasculaires), l’accident vasculaire cérébral (AVC) et l’infarctus (voir rubrique « Prévenir les complications cardiovasculaires du diabète »). Chez les diabétiques, ce dernier présente la particularité de survenir souvent de manière silencieuse sans être précédé des douleurs habituelles d’angine de poitrine (ces complications cardiovasculaires touchent surtout les diabétiques de type 2).
Le dentiste. Parce que le diabète induit deux fois plus d’affections gingivales, il est essentiel d’assurer un suivi régulier de votre dentition, en complément d’une hygiène dentaire biquotidienne (voir rubrique « Une bouche et des dents en bonne santé »). Carie, gingivite, parodontite, mais aussi muguet ou bouche sèche… Consultez votre dentiste au moindre problème et, de toute façon, une fois par an pour un contrôle.
En cas de besoin
Le néphrologue. Découlant directement des complications vasculaires du diabète, la néphropathie diabétique est la principale cause d’insuffisance rénale car elle affecte l’élimination des déchets de l’organisme par les reins (un tiers des services de dialyse est occupé par des diabétiques, principalement de type 2 1). Asymptomatique, elle peut être diagnostiquée précocement par la présence d’albumine dans les urines ou microalbuminurie. Un avis spécialisé auprès d’un néphrologue sera parfois nécessaire et sera demandé par votre médecin si besoin.
Le neurologue. Parce que les hyperglycémies peuvent endommager les cellules nerveuses et, par là même, la transmission sensitive et motrice, la consultation d’un neurologue peut s’avérer nécessaire et sera demandé par votre médecin si besoin. Touchant fréquemment les pieds (le plus souvent) et les mains, la neuropathie diabétique peut également affecter tous les organes du corps, des voies digestives à la vessie, en passant par les organes sexuels. Sournoise, elle peut également affaiblir votre capacité à ressentir les premiers symptômes de l’hypoglycémie. Si certaines neuropathies restent longtemps asymptomatiques, d’autres présentent des signes qu’il est bon de reconnaître.
- Engourdissement, fourmillement, douleur ou faiblesse musculaire dans les membres
- Gêne musculaire à la marche
- Trouble de la sensibilité (chaud, froid, douleur des membres inférieurs)
- Difficulté à digérer, reflux gastro-œsophagien, nausée ou vomissement
- Difficulté à avaler
- Diarrhée
- Vertige ou malaise en se mettant debout ou en s’asseyant (chute de la tension artérielle)
- Transpiration abondante la nuit ou au cours des repas
- Problèmes urinaires (incontinence, rétention)
- Troubles sexuels (dysfonction érectile chez l’homme, sécheresse vaginale chez la femme)
- Perte d’équilibre ou déficit de coordination des mouvements
Ces troubles neurologiques surviennent toujours sur un diabète ancien et mal équilibré.
L’examen clinique par votre médecin recherchera les signes de l’atteinte avec en particulier l’étude de la sensibilité au monofilament des pieds.
Le pédicure-podologue. À termes, l’hyperglycémie induite par le diabète endommage les vaisseaux et les nerfs sensoriels des membres inférieurs. Résultat : une perte de sensibilité, un risque accru d’infections et des déformations silencieuses des pieds aux conséquences potentiellement lourdes. Un pédicure-podologue peut être consulté pour assurer vos soins de pieds et vous conseiller sur les chaussures les mieux adaptées. Il doit intervenir en complément d’une autosurveillance régulière et d’une hygiène quotidienne accordée à vos pieds (voir rubrique « Prévenir le pied diabétique »). Les soins de pédicurie-podologie sont désormais pris en charge par la Sécurité Sociale dans certaines conditions bien précises (4 séances par an pour grade 2 et 6 séances par an pour grade 3) (voir rubrique « Diabète et Sécurité Sociale » rubrique Le remboursement des consultations et soins paramédicaux).
La diététicienne. Conseil ponctuel ou élaboration d’un programme alimentaire, la diététicienne peut à la fois vous apprendre à connaître ce que vous mangez et vous aider à « soigner » votre diabète par une alimentation saine et équilibrée. Consultée en libéral (c’est-à-dire en dehors d’une structure de soins et de son équipe de professionnels de santé), la consultation d’une diététicienne n’est pas prise en charge par la Sécurité Sociale. Dans les centres spécialisés, la diététicienne offre une ‘éducation sur mesure’, avec un intérêt tout particulier pour les diabétiques de type 1 pratiquant l’insulinothérapie fonctionnelle.
L’infirmière. Conseillère, éducatrice, praticienne… En cas d’hospitalisation en service spécialisé, l’infirmière d’éducation thérapeutique assurera aussi bien vos soins que l’apprentissage de votre maladie (gestion au quotidien, suivi et autosurveillance…). L’infirmière peut par la suite, ponctuellement ou régulièrement, effectuez vos surveillances cliniques (tension artérielle, glycémie, cétonurie…) et réaliser vos injections d’insuline. Prescrits par votre médecin, les soins infirmiers liés à votre diabète sont pris en charge par la Sécurité Sociale.
La ou le kinésithérapeute. Massage, rééducation… Le kinésithérapeute peut intervenir dans la prise en charge thérapeutique de votre diabète, comme en préambule d’une reprise d’activité physique. Prescrits par votre médecin, les soins de kinésithérapie liés à votre diabète sont pris en charge par la Sécurité Sociale.
La ou le psychologue. Quand la souffrance psychique handicape notre quotidien, il ne faut pas hésiter à se faire aider. C’est le rôle de la psychologue. À l’hôpital, la psychologue est prise en charge par la Sécurité Sociale. En libéral, elle est à la charge du patient mais il existe depuis peu des structures supports - les réseaux de santé – qui, par spécialité, peuvent prendre en charge une consultation chez la psychologue. N’hésitez pas à vous renseigner auprès de votre médecin.
École du diabète, maison du diabète, réseau du diabète,centre d’éducation, pôle de prévention et d’éducation… Toutes ces structures ont un objectif commun : vous rendre confiant et autonome vis-à-vis de votre maladie. Que ce soit via des groupes de parole collectifs ou des entretiens individuels, médecin, infirmière, diététicienne, psychologue… se relaient au quotidien pour vous soutenir dans la gestion de votre diabète.








