Psycho
Tant à l’annonce du diagnostic qu’au quotidien, le diabète n’est pas facile à accepter. Afin d’y arriver, il est nécessaire – et normal – de passer par différents stades préalables.
Les relations avec les autres
Être à l’aise dans sa vie de diabétique, c’est se donner toutes les chances pour l’être aussi dans sa vie sociale. L’acceptation de la maladie est un processus d’apprentissage lent et progressif s’appuyant sur l’expérience. D’où la nécessité, dès que possible, de confronter sa maladie au monde extérieur. En un mot, de se mettre à l’épreuve en tant que diabétique afin d’effectuer les réajustements nécessaires.


Le diabète comme révélateur relationnel


La maladie diabétique impacte votre vie sociale de différentes manières.

  • Elle peut déstabiliser certains pans relationnels (professionnel, familial, amical…).
  • Elle peut venir rajouter une difficulté sur d’autres problèmes existants (c’est la « goutte d’eau qui fait déborder le vase »).
  • Elle peut creuser une problématique sous-jacente et jouer alors le rôle de catalyseur en permettant à celle-ci de surgir.
D’une manière générale, la relation que vous entretenez avec vous-même est l’un des premiers indicateurs permettant d’appréhender la relation que vous allez entretenir avec le monde extérieur en tant que diabétique. Si votre relation avec celui-ci n’était pas simple avant la maladie, le diabète risque naturellement d’accroître cette difficulté.

La représentation collective de la maladie

De nombreux diabétiques dénoncent une forme de stigmatisation de la maladie, voire de discrimination. Tant en ce qui concerne le diabète de type 2 pour lequel le surpoids ou la surcharge pondérale peut poser un problème dans le regard des autres, que pour le diabète de type 1 souvent assimilé à une forme de handicap (interdiction de passer certains permis de conduire, d’accéder à certains loisirs…)

Diabète et permis de conduire.
Je choisis un sport

Face à cette situation, certains partent en croisade et se battent pour faire entendre leurs convictions, d’autres vont au contraire subir en silence.

Les associations de patients et/ou d’usagers de soins sont notamment nés de ce genre de constat. Consacrées en 2002 par la « Loi relative au droit des malades et à la qualité du système de santé », elles représentent aujourd’hui des acteurs importants dans l’information et le soutien aux malades.
 
« Association de patients : j’adhère, j’adhère pas »

Les associations de patients, parfois appelés associations d’usagers de soins, sont des groupements de malades organisés autour d’une pathologie ou d’une cause commune. Information, soutien, revendication… Elles offrent un appui identitaire sur la maladie. Si ces groupements conviennent à certains, ils représentent pour d’autres une sorte d’entrave au fait d’exister en dehors de la maladie. Choisir d’adhérer ou non à une association relève donc d’une démarche très personnelle. L’objectif étant encore une fois de privilégier votre mieux-être et votre équilibre.

Les associations au service des malades

Continuer à vivre en lien avec les autres
Nous avons l’illusion naturelle et humaine de penser que l’on peut être compris des autres. Or, dans la réalité, rares sont les situations où cette idée reçue s’avère réaliste.

Ceci ne signifie pas pour autant qu’il faille s’écarter de toute vie sociale car la vie en collectivité est une nécessité pour chacun d’entre nous. Il ne peut être question, sous prétexte que l’on présente un caractère « différenciant » comme le diabète, de se mettre en retrait de la société. Aussi, vivez pleinement votre vie au milieu des autres… Avec quelques garde-fous cependant.
  • Recherchez les relations positives et fuyez les conflits. Demandez-vous ce que vous avez à gagner (vous sentir mieux, en sécurité…) ou à perdre (bonne humeur, estime de soi…) dans une relation.
  • Rapprochez-vous des personnes « aidantes » (empathie, légèreté, confiance en vos ressources et vos capacités…), qui ne sont pas forcément celles qui vous sont le plus proches.
  • Protégez-vous des personnalités toxiques, qu’elles le soient volontairement ou non. L’amour que vous portent vos proches ne suffit pas toujours à faire d’eux des personnes aptes à vous aider. Pire, elles peuvent parfois être contre-productives (moralisation, substitution, dirigisme…).
« Faut-il parler de sa maladie ? »

Plus le stress lié à la maladie est conscient et extériorisé, moins il va faire symptômes et donc déséquilibrer votre diabète. Toutefois, à vous de savoir avec qui vous avez envie de parler de votre maladie.
  • Dans le travail, rien ni personne ne vous oblige à informer vos collègues et votre employeur de votre diabète (il est néanmoins conseillé de tenir informé votre service médical soumis au secret professionnel)
    Le diabète au travail.  
  • Au sein de votre entourage proche, il est préférable que les personnes susceptibles d’intervenir en cas d’hypoglycémie soient non seulement informées mais également éduquées aux gestes d’urgence.
  • Au sein du reste de votre entourage, libre à vous de faire ce que bon vous semble. Si vous sentez que vos proches s’inquiètent pour vous, mieux vaut peut-être les informer pour les rassurer et dédramatiser la maladie. On observe souvent que plus le conjoint non diabétique est bien informé, plus il laisse, l’esprit tranquille, de l’autonomie à son conjoint diabétique.

 
Plus on est au clair avec sa maladie, moins c’est difficile d’en parler.
Béatrice, 33 ans.