Je m’appelle Noé, j’ai 10 ans, j’ai un diabète de type 1 depuis 8 ans, je m’apprête à vivre une année différente et même exceptionnelle. En famille, je voyage à bicyclette pendant 11 mois accompagné de mes parents et de mes 2 sœurs, Juliette 11 ans et Lou 7 ans.
A travers ce voyage, et au fil de nos rencontres l’objectif pour toute la famille est :
Cette année, mon père est parti seul traverser le continent eurasiatique à vélo. Il a démarré de Canton (au sud de la Chine) le 11 janvier 2010.
Avec ma maman et mes sœurs nous l'avons retrouvé à Prague (République Tchèque) le 8 août. Depuis le 10 août, nous avons pédalé en famille pour rejoindre Paris en septembre. Puis nous sommes repartis en voyage jusqu'en juin 2011 en Polynésie française, en Asie du sud-est (Laos, Cambodge, Vietnam) et en Mongolie, toujours avec nos vélos. Je pédale soit sur un vélo enfant, soit sur un tandem avec ma maman.
Mardi 17 et mercredi 18 aout on est resté chez Traudl, la dame de Bayreuth. Puis le lendemain on a pris un camion pour traverser une partie de l'Allemagne, sinon on ne pourrait pas arriver le 3 septembre à Paris comme prévu. On a dormi près de la Moselle. Les 2 jours suivants, on a pédalé le long de cette rivière et des vignes puis on a planté les tentes dans la campagne.
Dimanche, c'était mon anniversaire de 10 ans! J'ai eu un sac que ma sœur Juliette m'a fabriqué avec des billes à l'intérieur. J'ai eu une montre et 3 livres.
Et ce jour-là, j'ai eu le droit à 60 kilomètres de vélo ! Aujourd'hui, c'est jour de repos dans un camping avec une piscine et un toboggan en rond ! Cette semaine aussi, j'ai trouvé que j'étais plutôt bien régulé. Physiquement, c'était assez facile sauf le jour de mon anniversaire parce qu'on a fait beaucoup de kilomètres et beaucoup de montées.
Pendant le repos chez notre amie Traudl, nous avons quelques difficultés à réguler les glycémies du matin n'ayant pas modifié l'insuline lente du soir. Les glycémies du matin, pendant ces 3 jours, ont été en moyenne de 250 mg/dl. Noé est fatigué et a besoin de récupérer. Pendant les jours de vélo, il a eu une alimentation à la fois riche en glucides lents et rapides. L'association des deux lui permet de fournir l'effort nécessaire au vélo. Durant les jours de repos sans activité physique, on récupère mais on a faim. C'est difficile de modifier l'alimentation. On a mis du temps pour augmenter les doses d'insuline rapide. conclusion: 3 jours où Noé fut plutôt en hyperglycémie. Gmax: 334 (au réveil), Gmin: 51. Moyenne sur 3 jours de repos: 188.
Les jours de vélo, on pédale entre 3 et 4 heures par jour. Notre moyenne est de 50 km de vélo par jour. Lever vers 8h. Après un déjeuner, nous plions le camp pour partir vers 10h. Avant le repas de midi, nous devons faire une ou deux pauses où nous vérifions la glycémie de Noé. Il prend soit des abricots secs, soit une barre chocolatée, parfois du pain. L'après-midi est similaire.
La moyenne des prises de glycémies est de 7 les jours de vélo. On hésite pas à vérifier chaque fois que Noé manifeste de la fatigue.
Au cours des montées, nous sommes très vigilants et suivons son rythme. Il a très vite mal aux jambes. Malgré la prise d'un petit déjeuner plus copieux que d'habitude et une injection d'insuline rapide moins importante, le coup de barre arrive vite. Moyenne des glycémies les jours de vélo : 146
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Mardi, on est passé au Luxembourg et le soir on est arrivé en Belgique. Le lendemain, c'était déjà la France. On a même chanté la Marseillaise ! Nous sommes allés voir le musée de l'aviation, à l'aérodrome de Sedan-Douzy. C'est là que Roger Sommer, l'un des premiers pilotes et constructeurs d'avions a commencé à voler. Jeudi, on a campé dans un camping près d'une base de loisir mais c'était interdit pour nous. Il a plu presque toute la journée et les douches étaient froides. Samedi, on a traversé la vallée des écluses et campé au bord du canal. On était allé voir l'éclusier pour lui demander si on pouvait planter la tente dans son verger. Puis on est arrivé près de Reims, chez la sœur d'une copine de mes parents pour une journée de repos.
J'ai trouvé que j'étais un peu haut en glycémie cette semaine. mais on a fait plus de kilomètres chaque jour (entre 45 et 60) avec parfois du vent de face.
Cette semaine, nous avons roulé durant 5 jours et parcouru pas loin de 280 km à vélo. Nous prenons un jour de repos après trois jours d'activité.
Noé commence à s'habituer à l'effort physique et il nous épate dans les montées, sa résistance à l'effort augmente petit à petit.
Malgré tout, les journées sont difficiles pour lui, il aurait besoin de plus de temps de récupération, les réveils sont laborieux. Les glycémies sont à peu près régulières les jours d'activité mais nous nous faisons piéger les jours de repos où il faut augmenter de façon conséquente les doses de rapide. Sur les conseils de notre Médecin diabétologue, nous n'augmentons pas la lente ce jour là. Depuis trois semaines (14 jours de vélo) nous n'avons eu à faire face qu'à une seule hypoglycémie importante.
Mardi, on a pédalé jusqu'à Soissons et on a dormi dans un camping où il y avait une piscine mais elle était fermée. Mercredi, on est allé jusqu'à Crépy-en-Valois. On y a dormi dans un petit hôtel. Comme on était trop fatigué pour continuer et qu'il n'y avait que des chambres de 1, 2 ou 3 personnes, on a mis deux mousses par terre sans que personne ne le voit. Et jeudi, on est arrivé à Paris le jour de l'anniversaire de ma petite sœur, Lou. On a été accueilli chez Véronique Suchel, la femme du parrain-cousin de papa. Le lendemain, c'était la fête, on est allé à Aquaboulevard puis on a mangé dans un restaurant libanais avec un ami de la famille, Ibrahim. On a profité du week-end à Paris pour aller au muséum d'Histoire naturelle et fêter l'anniversaire d'une cousine. Enfin, nous sommes allés à Pouzols, dans la Haute-Loire, la maison de mes grands parents où j'ai fait ma rentrée scolaire, un peu spéciale cette année : Je vais suivre les cours du CNED car je ne pourrai pas aller dans une école cette année de voyage. Nous avons tous les cours sur un ordinateur, sauf l'Anglais et l'Allemand que nous apprendrons avec des livres.
Toujours un peu de difficultés avec les glycémies du matin. La dose de lente, basale du soir, permet de gérer l'effort physique de la journée mais les G du matin sont élevées. Il nous faudra voir ce problème de plus près avec notre diabétologue avant notre prochain départ pour la Polynésie.
Nous avons pédalé en famille de Prague à Paris avec la configuration suivante: Un tandem avec Marianne, la maman, devant et une place pour un enfant à l'arrière. Nous avions également un vélo adulte, celui du papa, relié par une barre à une troisième roue. Enfin, un vélo enfant 24"", indépendant. Noé a alterné avec sa sœur Juliette la position sur le vélo indépendant ou à l'arrière du tandem, en fonction de la forme et de la fatigue de chacun. Lou occupait presque systématiquement la position sur la troisième roue. Noé a ainsi effectué un peu plus de 900 kilomètres!! Une véritable performance pour un enfant diabétique. Au fil des jours, nous avons constaté qu'il s'aguerrissait au point d'enchaîner une vingtaine de kilomètres sans problèmes à la fin de notre parcours. Nous dormions soit en camping sauvage, dans la forêt ou dans des prés, au gré des circonstances, soit dans des campings, ce qui nous permettait de prendre une douche chaude. Parfois, nous avons été accueilli chez des amis ou une personne, comme à Bayreuth, que nous ne connaissions pas mais qui était intéressée par notre aventure.
L'Allemagne est le paradis des cyclotouristes. Beaucoup de belles pistes cyclables, partout. Dans la vallée de la Moselle, ce fut un merveilleux moment de plat, le long de la rivière entourée de vignes et de jolis châteaux. En France, nous avons longé beaucoup de canaux qui, malheureusement, ne sont pas équipés de pistes cyclables comme en Allemagne.
Nous nous apprêtons maintenant à partir en Polynésie pour quelques mois puis en Asie du sud est pour de nouvelles aventures hors des sentiers battus. le vélo restera notre moyen principal de locomotion.