Vivre avec un diabète

Autosurveillance, suivi médical, prévention des complications… En plus de vos contraintes quotidiennes, la maladie consomme beaucoup de votre temps et de votre énergie. Et représente de ce fait une source de stress quotidien. En même temps, le stress est une composante normale et inévitable de la vie psychique humaine, au même titre que la joie ou la tristesse. Ne plus ressentir de stress, de joie ni de tristesse, c’est ouvrir la porte à la dépression. Aussi, ne faut-il pas chercher à « gommer » ce stress coûte que coûte mais plutôt à l’apprivoiser. En un mot, à faire en sorte qu’il conserve son rôle moteur et ne devienne pas un frein à votre évolution.

Faire avec son « terrain » psychologique

Le diabète n’arrive pas en terrain vierge. Il vient se greffer sur une personnalité composée de forces et de faiblesses, sur un vécu personnel et une histoire trans-générationnelle (héritage ancestral) propre.

La première question qu’il convient alors de se poser pour pouvoir appréhender au mieux la manière dont vous allez composer avec la maladie concerne votre parcours de vie. Êtes-vous de nature plutôt anxieuse ou à l’inverse très décontractée en toute circonstance ? Êtes-vous en pleine possession de vos facultés et de vos ressources, ou au contraire soumise en ce moment à la pression d’événements difficiles ? Que vous soyez fragile ou fragilisée par un contexte délicat, prenez le temps de faire le point sur vos forces et vos faiblesses. Au cas où ces dernières nécessiteraient un peu de soutien extérieur.

« Dis-moi ce que tu vis, je te dirai comment tu vas… »

Conçue en 1967 pour évaluer les facteurs de stress de la vie quotidienne, l’échelle Holmes-Rahe peut vous aider à faire un point objectif sur votre situation psychologique, et ainsi vous donner une idée de votre capacité à « encaisser » la maladie.

Limiter l’impact quotidien de la maladie

Le diabète constitue un facteur de stress important. À la fois parce qu’une maladie chronique, quelle qu’elle soit, est anxiogène au quotidien, mais également parce que celle-ci en particulier demande une grande implication dans sa gestion et son suivi. Elle est « imposée » (notamment pour le diabète de type 1) car elle ne résulte pas d’un excès quelconque (consommation excessive d’alcool, tabagisme…), elle est « coûteuse » en temps et en énergie ne permettant jamais de lâcher totalement prise (repas, sommeil, activité physique…), et elle est « dérangeante » par des symptômes et une prise en charge parfois difficiles.

Si le stress fait partie du panel normal de notre vie psychique, un stress excessif (voir « Diabète et complications psychiques ») devient rapidement néfaste pour la santé en général, et préjudiciable pour le diabète en particulier. Notamment parce qu’il engendre bien souvent des dérèglements alimentaires déstabilisant la maladie. Par ailleurs, il semblerait que, indépendamment du comportement alimentaire, le stress augmente la masse graisseuse présente dans l’organisme sur simple stimulation hormonale de l’hypothalamus.

Dès lors, demandez-vous comment vous vivez avec ce diabète, quelles répercussions a la maladie sur votre vie quotidienne et votre relation au monde extérieur (sommeil, alimentation, désir, sorties, loisirs, travail, vision que vous avez des autres…) :

  • Apprenez en permanence à connaître votre diabète ; l’anxiété est souvent générée par un manque d’information ou la prise en compte d’éléments erronés sur la maladie. Participez par exemple aux - séances d’éducation thérapeutique organisées dans la grande majorité des structures de soins et apprenez à vivre de manière autonome votre vie de diabétique.
  • Identifiez clairement le ou les éléments qui vous dérangent le plus et tentez d’y apporter une solution concrète avec l’aide de votre médecin et/ou de votre entourage.
  • Ménagez-vous des espaces de liberté et faites-vous plaisir dès que vous le pouvez (un bon livre, un bon film en famille, une virée shopping entre amies…) afin de compenser les frustrations ressenties à cause de la maladie.
  • Prenez soin de vous et soyez à l’écoute des limites de votre corps. Ne vous fatiguez pas excessivement si vous pouvez répartir vos tâches sur plusieurs jours.
Demander de l’aide quand on en a besoin, n’est pas une marque de faiblesse. C’est au contraire la preuve d’une grande maturité. Julie, 54 ans.