Fatigue, peur de l’échec, enjeu de la performance… De nombreux hommes sont confrontés, à un moment ou un autre de leur vie, à ce que l’on appelle communément une « panne » sexuelle. Et plus on avance en âge, plus ces troubles deviennent naturellement fréquents. En France, 2 à 3 millions d’hommes souffriraient de dysfonctions érectiles et un homme sur deux serait concerné à partir de 50 ans1. Diabète ou pas. Car, dans la grande majorité des cas, les troubles sexuels sont uniquement d’origine psychologique et finissent par passer comme ils sont venus. Sans prévenir. Dans d’autres cas, ils peuvent avoir des origines organiques en lien avec un diabète installé depuis plusieurs années, toujours dans un contexte de déséquilibre glycémique. Heureusement, de nombreuses alternatives thérapeutiques existent aujourd’hui. Sans jamais oublier que, souvent, le premier des remèdes reste avant tout le dialogue avec sa partenaire.
Autrefois appelée impuissance, la dysfonction érectile se caractérise par l’incapacité à atteindre ou maintenir une érection suffisante pour permettre un rapport sexuel satisfaisant. De nos jours, elle concerne environ 60 % des patients diabétiques2, et touche plus particulièrement les diabétiques de type 2 en raison de leur risque accru de complications cardiovasculaires et neuropathiques
Les troubles sexuels masculins les plus fréquents sont au nombre de trois avec, en tête de liste, la dysfonction érectile citée par les patients diabétiques au troisième rang des complications les plus préoccupantes de la maladie au quotidien3.
Source: AFD.
Dans tous les cas, il est très important de parler de ces problèmes avec votre conjoint pour dédramatiser la situation et trouver ensemble les solutions appropriées.
1 - ADIRS 2 - AFD 3 - Etude MMAS (Massachusetts Male Aging Study). 3e vague. 2006.
Si la majeure partie des troubles sexuels masculins est d’origine psychique (troubles de l’éjaculation, baisse du désir), on ne peut toutefois écarter, dans le cas de la dysfonction érectile, une cause organique en lien avec la maladie diabétique.
Le dépistage de ce trouble repose en premier lieu sur un interrogatoire portant sur les différents aspects de la vie sexuelle du patient (désir, éjaculation, fréquence du trouble, persistance d’érections spontanées notamment la nuit ou au réveil, contexte affectif…). Selon les recommandations de l’Association Inter-Hospitalo Universitaire de Sexologie (AIHUS), on parle de dysfonction érectile quand celle-ci persiste au-delà de 3 mois. Le dépistage de la dysfonction érectile s’adresse en priorité aux hommes diabétiques de type 2, pour les raisons précédemment évoquées, mais aussi aux malades présentant un profil à risque.
Ensuite, un examen clinique, éventuellement associé à un bilan complémentaire cardiovasculaire et neurologique, est réalisé par le médecin afin d’apprécier les causes de la dysfonction (organique, psychologique) et en évaluer la sévérité. À noter qu’une cause endocrinienne, c’est-à-dire le plus souvent liée à la baisse de l’hormone masculine qui est la testostérone, est plus rare mais cela devra être recherché.
Dans la pratique, de plus en plus de médecins considèrent la dysfonction érectile comme un indicateur précoce de certaines complications cardiovasculaires (cardiopathie ischémique), le diamètre de l’artère de la verge étant d’une taille similaire à celles des coronaires, et les artères sexuelles en général présentant la même sensibilité aux mêmes agressions que celles du coeur.
Préalablement à tout traitement, il est essentiel de corriger le facteur de risque prédominant dans les troubles de l’érection du diabétique à savoir le déséquilibre glycémique. Ensuite, il faut réduire, voire annihiler, les autres facteurs de risque :
Dans le cas d’une dysfonction érectile induite par un traitement, il conviendra à votre médecin d’y substituer un médicament ne présentant pas d’effets secondaires sexuels.
Ensuite, différents traitements peuvent vous être proposés, ponctuellement ou à plus long terme :