Je gère l'hyperglycémie

On parle d’hyperglycémie dès lors que le taux de sucre dans le sang dépasse 1,26 g/l à jeun et 2 g/l à tout autre moment de la journée, ce qui correspond aussi à la définition du diabète.

L’hyperglycémie envisagée ici est celle qui dépasse
2,5 à 3 g/l..

Même si vous ne ressentez aucun symptôme particulier, un taux de glycémie supérieur à 2,5g/l doit vous alerter- plus les valeurs sont élevées, plus la situation peut être sérieuse- Alors détection précoce de l’acétone ou corps cétoniques et gestes adaptés sont les clés d’une bonne gestion de ce déséquilibre.

Deux situations d'hyperglycémie sont à distinguer :

  • La première, dangereuse à court terme, est toujours associée à la présence d’acétone détectable dans les urines ou cétonémie élevée dans le sang
  • La seconde, sans danger immédiat, ne s’accompagne pas d’acétone

La première correspond à un manque d'insuline et se retrouve principalement dans les cas d'agression pour l'organisme ( fièvre, virus , infections diverse ): elle nécessite d'être détectée à temps et une décision thérapeutique rapide. Elle peut survenir si vous êtes déjà traité par insuline et est beaucoup plus rare sous antidiabétiques oraux seuls.
La seconde (hyperglycémie sans acétone) peut être le fait d'un écart alimentaire , d'une forte émotion, d'un traitement un peu insuffisant.

L’hyperglycémie avec acétone : pas de temps à perdre !

  • c’est quasiment toujours une hyperglycémie supérieure à 3g/l et elle est toujours associée à la présence importante d’acétone dans le sang et dans les urines (certains lecteurs de glycémie détectent aussi la présence de cétonémie dans le sang)
  • elle correspond à un manque profond d’insuline qui conduit en l’absence de correction au coma dit « acidocétosique »

C’est parfois lors d’un tel coma que le diabète est découvert, quand on a négligé d’effectuer une mesure de glycémie devant des signes évocateurs évoluant depuis quelques temps ( soif, urine abondantes , perte de poids malgré une alimentation parfois augmentée du fait de la faim).

Je connais les causes (lorsque j’ai un diabète déjà connu)

  • Une mauvaise observance du traitement (oubli ou interruption d’une injection d’insuline lente ou semi-lente ou du traitement par comprimés)
  • Toute situation d’agression virale ou microbienne avec ou sans fièvre
  • Traitement par la cortisone sous toutes ses formes

NB : l’alimentation n’est jamais responsable de ce déséquilibre là

Je détecte précocement les signes d'alerte

L’hyperglycémie peut passer inaperçue et mettre un certain temps à s’installer. Mais, plus elle est installée plus l’état de fatigue ou somnolence gagne et altère la vigilance qui devrait conduire à la surveillance glycémique et urinaire.

C’est d’abord la situation de maladie quand elle est évidente qui doit vous amener à une surveillance rapprochée des glycémies afin de penser à rechercher l’acétone dans les urines pour des valeurs supérieures à 3g/l
En cas de maladie non déclarée , toute situation de fièvre ou « mal être » physique évoquant une atteint virale ou autre doit vous conduire au même réflexe.

    Vous devez y penser aussi devant certains signes évocateurs :
  • Soif intense
  • Urine abondante
  • Fatigue
  • Maux de tête
  • Bouche et peau sèche
  • Douleurs abdominales
  • Nausées
  • Vomissements

Premier geste : la recherche d'acétone dans les urines

En cas d’hyperglycémie importante avérée , la première chose à faire est de rechercher la présence d’acétone, également appelés corps cétoniques, dans les urines.

« Comment effectuer une analyse d'urines »

  • Sortez la bandelette sans toucher les parties réactives (proéminentes et légèrement colorées) avec les doigts.
  • Urinez sur ces zones réactives.
  • Contrôlez la présence de sucre et d’acétone à l’aide de l’échelle colorimétrique présente sur l’emballage.

« La cétonurie de jeûne »

Il est possible, sans que celle-ci présente une quelconque gravité, d’avoir de l’acétone dans les urines le matin à jeun. C’est la cétonurie de jeûne, bien souvent présente en quantité modérée, sans hyperglycémie ni présence de sucre dans les urines.

La cétonurie est positive et je suis sous insuline

Il faut faire régresser cette situation par des injections d’insuline rapide à intervalles réguliers et aussi rechercher la cause du déséquilibre ( infection ..) pour la soigner : dans ces conditions le mieux est de se mettre en relation avec son médecin ou un service de diabétologie qui donneront la marche à suivre ; si votre médecin vous a formé à cela vous pouvez injecter d’emblée, en plus de votre traitement habituel, une dose d’insuline à action rapide. Pour calculer cette dose, additionnez celles que vous vous administrez chaque jour habituellement et divisez le résultat obtenu par 10.

Ex : Si vous vous injectez quotidiennement 30 unités d’insuline à action lente (18 le matin et 12 le soir) et 18 unités d’insuline à action rapide (6 avant chaque repas), vous devez vous injectez (30 + 18) / 10 soit environ 5 unités (4,8 exactement) d’insuline à action rapide.

  • Buvez de l’eau pour compenser la déshydratation engendrée par la situation.
  • Renouvelez cette injection à la même dose toutes les 2 à 3 heures en cas de nouvelle cétonurie et hyperglycémie positives.
  • Si malgré 2 ou 3 injections supplémentaires votre glycémie ne baisse pas et s’accompagne de surcroît de douleurs abdominales, de nausées, de vomissements, et/ou de fièvre, consultez d’urgence votre médecin. Une hospitalisation est nécessaire.

La cétonurie est positive et je ne suis pas sous insulinothérapie

J’ai donc un diabète de type 2 non insulinotraité: ce même déséquilibre grave ( sucre - acétone) peut survenir à l’occasion d’une infection (bronchite, angine, infection dentaire, cutanée ou urinaire ou être secondaire à la prise de cortisone).
Dans ce cas, consultez rapidement votre médecin pour connaître la démarche à suivre.

L’ hyperglycémie sans acétone: ce peut être une hyperglycémie très élevée (jusqu’à 4 g et plus parfois).

Elle n’est pas dangereuse à court terme ( pas de risque de coma acidocétosique), mais ne doit pas perdurer, ce qui signifierait un diabète déséquilibré nuisible à terme.

    Les causes possibles d’hyperglycémie dans ce cas sont diverses :
  • Ecart alimentaire important même ponctuel ( un repas très chargé en graisses et qui se termine par une portion de gâteau peut y conduire)
  • Un fort stress
  • Un traitement sous dosé
  • La prise de cortisone

Il n’y a rien à faire de particulier si ce n’est d’éviter d’en prolonger la cause ; limiter notamment les écarts alimentaires, mais dans les autres cas tels que le traitement sous dosé ou la corticothérapie, l’avis de votre médecin est nécessaire pour corriger l’hyperglycémie avec une adaptation du traitement hypoglycémiant.

Si vous ne savez pas pourquoi votre diabète s’est déséquilibré contactez de même votre médecin assez rapidement.

Je limite le nombre d’hyperglycémies

L'hyperglycémie même sans cétonurie devient délétère si elle se prolonge : on parle d'hyperglycémie chronique (objectivée par un taux d’HbA1c élevé) exposant à plus ou moins long terme, à l’apparition de complications diabétiques.
Aussi, est-il important de prendre le mieux possible son traitement et de revoir son médecin pour l’adaptation si l’hyperglycémie persiste malgré une bonne observance.

L’hyperglycémie avec acétone exposant au coma acidocétosique peut et doit toujours être éviter par la vigilance dans les cas cités précédemment ( maladies, infections etc.). N’interrompez jamais votre traitement par insuline lente sans l’accord de votre médecin et ne réduisez jamais vos doses habituelles de cette insuline quand vous êtes malade, même si vous n’avez pas faim
Finalement, ce coma grave, s’il arrive, correspond le plus souvent à une négligence de traitement dans une situation qui était pourtant identifiable ( sauf s’il correspond bien sûr à la découverte du diabète )

Dès que je fais une hyperglycémie, je contrôle immédiatement ma cétonurie. Odile, 21 ans.