On parle d’hyperglycémie dès lors que le taux de sucre dans le sang dépasse 1,26 g/l à jeun et 2 g/l à tout autre moment de la journée, ce qui correspond aussi à la définition du diabète.
Même si vous ne ressentez aucun symptôme particulier, un taux de glycémie supérieur à 2,5g/l doit vous alerter- plus les valeurs sont élevées, plus la situation peut être sérieuse- Alors détection précoce de l’acétone ou corps cétoniques et gestes adaptés sont les clés d’une bonne gestion de ce déséquilibre.
La première correspond à un manque d'insuline et se retrouve principalement dans les cas d'agression pour l'organisme ( fièvre, virus , infections diverse ): elle nécessite d'être détectée à temps et une décision thérapeutique rapide. Elle peut survenir si vous êtes déjà traité par insuline et est beaucoup plus rare sous antidiabétiques oraux seuls. La seconde (hyperglycémie sans acétone) peut être le fait d'un écart alimentaire , d'une forte émotion, d'un traitement un peu insuffisant.
C’est parfois lors d’un tel coma que le diabète est découvert, quand on a négligé d’effectuer une mesure de glycémie devant des signes évocateurs évoluant depuis quelques temps ( soif, urine abondantes , perte de poids malgré une alimentation parfois augmentée du fait de la faim).
NB : l’alimentation n’est jamais responsable de ce déséquilibre là
L’hyperglycémie peut passer inaperçue et mettre un certain temps à s’installer. Mais, plus elle est installée plus l’état de fatigue ou somnolence gagne et altère la vigilance qui devrait conduire à la surveillance glycémique et urinaire.
C’est d’abord la situation de maladie quand elle est évidente qui doit vous amener à une surveillance rapprochée des glycémies afin de penser à rechercher l’acétone dans les urines pour des valeurs supérieures à 3g/l En cas de maladie non déclarée , toute situation de fièvre ou « mal être » physique évoquant une atteint virale ou autre doit vous conduire au même réflexe.
En cas d’hyperglycémie importante avérée , la première chose à faire est de rechercher la présence d’acétone, également appelés corps cétoniques, dans les urines.
Il est possible, sans que celle-ci présente une quelconque gravité, d’avoir de l’acétone dans les urines le matin à jeun. C’est la cétonurie de jeûne, bien souvent présente en quantité modérée, sans hyperglycémie ni présence de sucre dans les urines.
Il faut faire régresser cette situation par des injections d’insuline rapide à intervalles réguliers et aussi rechercher la cause du déséquilibre ( infection ..) pour la soigner : dans ces conditions le mieux est de se mettre en relation avec son médecin ou un service de diabétologie qui donneront la marche à suivre ; si votre médecin vous a formé à cela vous pouvez injecter d’emblée, en plus de votre traitement habituel, une dose d’insuline à action rapide. Pour calculer cette dose, additionnez celles que vous vous administrez chaque jour habituellement et divisez le résultat obtenu par 10.
Ex : Si vous vous injectez quotidiennement 30 unités d’insuline à action lente (18 le matin et 12 le soir) et 18 unités d’insuline à action rapide (6 avant chaque repas), vous devez vous injectez (30 + 18) / 10 soit environ 5 unités (4,8 exactement) d’insuline à action rapide.
J’ai donc un diabète de type 2 non insulinotraité: ce même déséquilibre grave ( sucre - acétone) peut survenir à l’occasion d’une infection (bronchite, angine, infection dentaire, cutanée ou urinaire ou être secondaire à la prise de cortisone). Dans ce cas, consultez rapidement votre médecin pour connaître la démarche à suivre.
Elle n’est pas dangereuse à court terme ( pas de risque de coma acidocétosique), mais ne doit pas perdurer, ce qui signifierait un diabète déséquilibré nuisible à terme.
Il n’y a rien à faire de particulier si ce n’est d’éviter d’en prolonger la cause ; limiter notamment les écarts alimentaires, mais dans les autres cas tels que le traitement sous dosé ou la corticothérapie, l’avis de votre médecin est nécessaire pour corriger l’hyperglycémie avec une adaptation du traitement hypoglycémiant.
Si vous ne savez pas pourquoi votre diabète s’est déséquilibré contactez de même votre médecin assez rapidement.
L'hyperglycémie même sans cétonurie devient délétère si elle se prolonge : on parle d'hyperglycémie chronique (objectivée par un taux d’HbA1c élevé) exposant à plus ou moins long terme, à l’apparition de complications diabétiques. Aussi, est-il important de prendre le mieux possible son traitement et de revoir son médecin pour l’adaptation si l’hyperglycémie persiste malgré une bonne observance.
L’hyperglycémie avec acétone exposant au coma acidocétosique peut et doit toujours être éviter par la vigilance dans les cas cités précédemment ( maladies, infections etc.). N’interrompez jamais votre traitement par insuline lente sans l’accord de votre médecin et ne réduisez jamais vos doses habituelles de cette insuline quand vous êtes malade, même si vous n’avez pas faim Finalement, ce coma grave, s’il arrive, correspond le plus souvent à une négligence de traitement dans une situation qui était pourtant identifiable ( sauf s’il correspond bien sûr à la découverte du diabète )