Traitée par insulinothérapie, vous avez le choix entre différents modes d’administration. Seringue classique, stylo prérempli, pompe à insuline… À vous de choisir ce qui vous convient le mieux. Si vous optez pour la pompe, sachez qu’il est essentiel de bien comprendre son mode de fonctionnement pour maîtriser correctement son action et optimiser la liberté qu’elle apporte. Le point sur les grands principes et les petites subtilités.
Les sites d’insertion de la pompe à insuline sont globalement les mêmes que ceux des injections classiques :
Dans tous les cas, évitez les zones de frottement (ceinture, sac…), ainsi que celles présentant rougeur ou lipodystrophie. Inspectez le cathéter et assurez-vous de l’étanchéité du système au moins une fois par jour.
Sachez par ailleurs que la longueur des tubulures, la grosseur et l’angle d’insertion des aiguilles s’adaptent à l’âge et la corpulence de chaque malade.
Pour une administration optimale en termes de sécurité et d’efficacité, on recommande de changer l’aiguille et le cathéter tous les 3 jours¹. Et systématiquement en cas d’apparition d’une rougeur au point d’injection ou de la survenue d’une hyperglycémie avec cétose dont vous ne comprenez pas la cause (le cathéter peut être bouché et l’alarme peut ne pas se déclencher si le débit est très faible) :
En plus de votre matériel d’autosurveillance et d’injection habituels, vous devez toujours avoir avec vous :
1 – SFD
À noter que le système peut être déconnecté temporairement (bain, natation…) dans la limite maximale de 2 heures. Posez alors une protection de cathéter (fournie avec le matériel) de votre côté, et protégez l’extrémité côté pompe en l’enveloppant dans des compresses. À la reconnexion, assurez-vous de l’absence d’air dans la tubulure, sinon purgez-la de nouveau. Et faites une nouvelle glycémie.
La présence de bulles d’air dans le cathéter interrompt, en quelque sorte, l’administration d’insuline. Aussi est-il important de les éviter :
Si malgré tous vos efforts les bulles persistent, changez réservoir et tubulure.
Au débit de base correspondant aux besoins permanents de l’organisme en insuline (pouvant eux-mêmes varier entre le jour et la nuit), s’ajoutent des bolus visant à compenser l’apport glucidique des repas ainsi que les hyperglycémies.
Les bolus peuvent être administrés sous plusieurs formes.
La pompe à insuline n’est pas une contre-indication ni un obstacle aux activités et aux imprévus de votre vie quotidienne. Elle requiert simplement quelques adaptations… et certaines astuces.
La toilette. Au choix, vous pouvez désadapter le cathéter de la pompe et mettre un bouchon, ou bien profiter de votre bain ou de votre douche pour effectuer votre changement de cathéter.
Les activités sportives. En l’anticipant bien (réduction du débit de base suffisamment à l’avance et collation préalable), vous pouvez débrancher votre pompe pour une durée maximale d’une heure à une heure et demie. Cette option est obligatoire pour la natation et recommandée pour les sports occasionnant des à-coups (sauts). Sinon, vous pouvez diminuer le débit de base pendant l’activité, diminuer le bolus avant ou après l’activité, ou ne rien changer et prendre une collation.
Les rapports sexuels. Vous pouvez garder votre pompe en la mettant dans un vêtement ou bien la retirer pendant une durée maximale de deux heures. Parlez librement avec votre conjoint de vos préférences communes.
La grasse matinée. Elle est tout à fait possible ; il vous suffit d’adapter le débit de base en conséquence.
Le repas de fête. Lors d’un dîner prolongé, vous pouvez utiliser le bolus carré, combiné ou fractionné. En un mot, évitez le bolus simple.
Les voyages. En cas de décalage horaire, gérer les heures de vol avec des bolus d’insuline rapide. Modifiez votre débit de base à votre arrivée en fonction de l’heure.
La maladie. En cas de fièvre, augmentez votre débit de base ou pratiquez des bolus d’insuline rapide. En cas de vomissement, adaptez le débit de base en fonction d’une surveillance plus étroite de vos glycémies.
Les médicaments. Certains médicaments, comme les corticoïdes, provoquent des hyperglycémies. Si votre médecin vous en prescrit, voyez avec lui l’adaptation du débit ou voyez votre diabétologue.
La glycémie à jeun. Maintenez votre débit de base et annulez votre bolus d’insuline rapide.
L’accouchement. Adaptez votre débit de base en fonction d’une surveillance plus étroite de votre glycémie. Certaines maternités acceptent les pompes à insuline en salle d’accouchement.